Avec 1 162 projets désormais recensés cette année contre 675 en 2025, le pays affine sa visibilité sur les investissements engagés.
Le Gabon renforce ses instruments de pilotage de l’investissement public, à travers la hausse de son portefeuille national des projets de développement qui est passé de 675 à 1 162 projets, soit une progression de 72% en un an. Cette augmentation, issue de l’actualisation de la cartographie nationale présentée le 30 octobre 2026 à Libreville par le ministère de la Planification et de la Prospective, traduit un élargissement significatif du périmètre des investissements recensés par les pouvoirs publics.
Au total, 487 projets supplémentaires ont été intégrés à la base de données, à l’issue d’une mission complémentaire conduite par le Commissariat général au Plan, avec l’appui de la Banque mondiale et du projet Hiswaka. L’opération a couvert les neuf provinces du pays. Cinq équipes de terrain ont été mobilisées pour vérifier les projets déjà répertoriés et identifier de nouvelles initiatives, en s’appuyant sur les documents administratifs et les constats effectués auprès des administrations déconcentrées.
Au-delà du volume, cette actualisation doit permettre de mieux apprécier la répartition des investissements par province, ministère, source de financement et niveau d’exécution. « Cette actualisation offre également une meilleure appréciation des investissements au regard des priorités du Plan national de croissance et de développement (Pncd, Ndlr) 2026-2030 », a souligné Vulgain Andzembe Tsiegori, commissaire général au Plan.
L’efficacité de l’investissement public demeure un enjeu majeur
Cette nouvelle photographie intervient dans un contexte où l’efficacité de l’investissement public demeure un enjeu majeur. La première cartographie, présentée en octobre 2025, avait révélé des fragilités dans l’exécution du portefeuille. En effet, 51,6 % des projets étaient en cours, 24,7 % n’avaient pas démarré et 18,2 % étaient à l’arrêt. À cela s’ajoutaient 3,1 % de projets achevés mais non livrés. Ces données, qui constituent le diagnostic initial et non les résultats de la nouvelle collecte, illustrent l’ampleur des défis à relever.
Il faut toutefois noter que l’actualisation ne vaut pas, à elle seule, amélioration de la performance. Elle doit surtout aider les autorités à identifier les blocages, à mieux programmer les ressources et à réorienter les financements vers les opérations prioritaires. C’est tout l’enjeu de la réforme de la gestion des investissements publics, engagée pour renforcer la sélection, la maturation, la programmation et le suivi-évaluation des projets.
Dans cette dynamique, le Système intégré de gestion des investissements publics (Sigip) doit contribuer à constituer un portefeuille de projets mieux préparés et financièrement soutenables, en cohérence avec le Pncd 2026-2030.
Un référentiel pour arbitrer
La consolidation des données constitue ainsi un préalable à une allocation plus efficace des ressources budgétaires et à une meilleure répartition territoriale des investissements. Elle doit également faciliter la coordination entre administrations et renforcer la redevabilité sur l’utilisation des fonds publics.
Les résultats présentés à Libreville doivent encore être examinés par les points focaux ministériels, afin de corriger les éventuelles omissions et incohérences avant validation. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de faire de cette cartographie un instrument opérationnel : moins de projets sous-exécutés, des délais mieux maîtrisés et, surtout, des investissements dont les retombées économiques et sociales soient mesurables.