Cette phrase très actuelle du Seigneur Jésus Christ nous interpelle sur le type de connaissance que nous devons implémenter sur la terre en cette « fin des temps ».
Très Saint-Père Léon XIV,
Au moment où vous foulez la terre des nationalistes de l’indépendance du Cameroun, notamment Ruben Um Nyobè, Félix Roland Moumié, Castor Osende Affana, Abel Kingué, Ernest Ouandié et bien d’autres, permettez-moi de vous dire que le peuple camerounais souffre du manque de la connaissance. Cette souffrance du peuple de Dieu est perceptible partout dans le monde, mais celle du Cameroun est particulière parce que ce sont ses dirigeants qui divisent, tribalisent et emprisonnent parce qu’ils n’ont pas le niveau de la connaissance dont parle le Christ. Depuis l’indépendance, ceux qui se succèdent à Yaoundé ont un niveau de connaissance spirituelle très inférieur à celui d’une grande partie de la population. Par conséquent, ils tirent le pays vers le bas et trouvent des alibis pour humilier et dévaloriser les courageux fils du pays qui se démarquent.
Vous avez commencé votre tournée en terre africaine par l’Algérie, et votre premier acte dans ce pays est la pose d’une gerbe de fleurs au monument dédié aux morts, construit en 1982 à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962, en mémoire des combattants de la guerre d’indépendance. Vous ne pouvez pas poser le même acte au Cameroun car, 66 ans après l’indépendance du pays, aucun monument national n’est jusqu’ici érigé en l’honneur des valeureux fils morts pour la patrie. Cette banalisation des valeurs se poursuit jusqu’à ce jour avec le président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), Georges Anicet Ekane, de regrettée mémoire, l’un des derniers nationalistes de 74 ans, mort en prison des suites de tortures physiques et morales le 1er décembre 2025, et dont le corps séjourne toujours dans un frigo d’un hôpital de Douala sans espoir d’être enterré dignement demain. Son seul crime, c’est d’avoir soutenu la candidature de l’opposant Issa Tchiroma Bakary lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Cette banalisation des valeureux fils n’épargne pas les vivants. Le citoyen Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui a eu l’insigne honneur d’aller implanter le drapeau camerounais à Bakassi le 14 août 2006, marquant le transfert effectif de souveraineté du Nigeria au Cameroun sur cette péninsule, après plusieurs années de bataille juridique à la Cour internationale de justice, est aujourd’hui persécuté et insulté avec ses partisans, par des dirigeants aux passés douteux et à la qualité discutable. Alors qu’au-delà de ses références nationales, ce professeur de droit des universités, est un membre éminent du Curatorium de l’Académie de droit international de La Haye, membre et ancien président de la Commission du droit international des Nations unies. Lorsque des dirigeants d’un pays arrivent à vouloir éteindre une étoile de cette envergure qui brille sur le toit du monde, qu’en serait-il d’un citoyen ordinaire ? Très Saint Père, pendant votre séjour au Cameroun, aidez-nous à compléter les prières de délivrance que nous adressons au quotidien au Dieu créateur.
La connaissance selon le Seigneur Jesus Christ
Revenons sur cette citation du Seigneur Jesus Christ : « Mon peuple périt, parce qu’il lui manque la connaissance », tirée du livre du prophète Osée, chapitre 4, verset 6 de la Bible. Cette phrase comporte deux parties. La première, « mon peuple périt », fait un constat de l’état de délabrement de la société dans laquelle vivait ce peuple, un état qui le conduit à sa perte. Notre société est dans cette situation parce qu’elle réunit tous les maux qui détruisent l’humanité : pauvreté, corruption, détournement de biens communs, assassinat, féminicide, guerre, etc. La deuxième donne la raison de cette décrépitude : le manque de « la connaissance ». La précision « la connaissance » signifie qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle connaissance, puisque, en principe, chaque être humain dispose d’une connaissance.
Un retour dans le passé, avant J.-C., nous amène dans les écrits du philosophe Platon qui mentionnait quatre stades de développement de la connaissance : l’imagination, la croyance, la pensée et l’intelligence parfaite. Aujourd’hui, en langage courant, les quatre étapes de la connaissance de Platon se traduisent en connaissance de base, connaissance scientifique, connaissance philosophique et connaissance spirituelle. C’est donc cette quatrième étape de la connaissance que le Seigneur J.-C. est venu implémenter sur la terre. D’où la course effrénée des populations vers la connaissance spirituelle, laquelle est enseignée dans la majorité des confessions religieuses par des personnes non qualifiées. Pourtant, c’est l’enseignement de la connaissance spirituelle qui doit être le socle de développement de la planète durant ce troisième millénaire.
Chacune des quatre étapes de la connaissance comporte au moins deux paliers. La connaissance de base est essentiellement matérielle et physique. Elle est acquise à la naissance auprès des parents, de la culture et de son environnement immédiat. La toute première notion que chaque maman inculque à son bébé dès sa naissance est la connaissance du manger. C’est cette initiation primaire qui permet à l’homme de toujours chercher de quoi manger, et aujourd’hui c’est malheureusement la finalité de toute action de l’Homme.
La connaissance scientifique et technique, quant à elle, comporte deux paliers : le palier de la pensée d’adhésion et celui de la pensée interrogative. À ce stade, l’Homme raisonne au-delà du visuel, du matériel ou du sensuel pour apporter quelque chose à l’existant.
Les connaissances philosophiques et spirituelles passent par les deux premières étapes et se situent dans l’immatériel et l’invisible. L’étape philosophique permet à l’homme de s’élever au-delà du visuel, du matériel ou du sensuel pour comprendre les phénomènes qui l’entourent, tandis que la spirituelle le met en connexion avec les esprits. À ces stades, l’Homme n’apporte pas seulement à l’existant, il crée, il invente. Ce niveau nécessite la connaissance de soi-même et de son prochain.
À première vue, on dirait que ces étapes de la connaissance sont acquises automatiquement par chaque individu le long de sa vie. Que non ! Très peu de personnes accèdent à la connaissance scientifique et technique, encore moins à la philosophique et très rarement à la spirituelle. La majorité de la population adhère à la pensée ambiante qui est aujourd’hui réduite au visible et au matériel. L’accumulation du bien matériel devient dès lors le but à atteindre dans la vie.
Pire, l’éducation est orientée vers la connaissance pour gagner de l’argent et, dès lors, l’Homme est guidé par l’appât du gain, quel que soit le moyen qu’on utilise pour y parvenir. C’est la raison pour laquelle il tue son semblable pour devenir riche. En plus, tout le monde a l’illusion qu’il peut matériellement être riche.
Très Saint Père, en cette « fin des temps », qui marque le début du troisième jour de la venue du Seigneur J-C sur terre, l’Église catholique dont vous avez la charge, doit être au cœur de l’implémentation de la connaissance spirituelle que le Seigneur Jesus Christ est venu prêcher sur la terre et qui, malheureusement, a été dévoyée par l’Homme qui ne sait plus à quel saint se vouer. Dans son évangile désormais, l’église catholique doit actualiser les paroles du Seigneur J-C comme j’essaye de la faire dans cette tribune, afin de conquérir les âmes qui errent.
La connaissance avant Jesus Christ
Selon le dictionnaire Larousse, « la connaissance est l’acte ou le fait de comprendre, de percevoir, de connaître les caractéristiques de quelque chose, ou le résultat de cet acte ». Ce terme peut aussi désigner un ensemble d’informations acquises par l’étude ou l’expérience, ou le rapport entre une personne et une autre. Avant Jesus Christ, plusieurs philosophes avaient déjà écrit sur cette notion, notamment Socrate, Platon et Aristote.
Pour Socrate (470/469-399 av. J.-C.), « la connaissance est intrinsèquement liée à la connaissance de soi, qui commence par la prise de conscience de sa propre ignorance. Cette conscience est le point de départ de la quête de la vraie connaissance et de la vertu. Pour atteindre cette connaissance, il utilise la maïeutique, une méthode de questionnement qui aide les individus à « accoucher » de la vérité en les poussant à remettre en question leurs croyances ». Se connaître, c’est prendre conscience de soi et, par-là, de son ignorance. Socrate déclarait : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». Sa phrase « Connais-toi toi-même » constitue l’un des piliers de la philosophie, car elle invite à comprendre comment nous fonctionnons en faisant de notre pensée, de notre être et de notre réflexion un sujet d’interrogation. La démarche de compréhension de soi mène à la compréhension du monde.
Pour Platon (428/427-348/347 av. J.-C.), « la connaissance est la remémoration d’idées éternelles et parfaites, appelées les Formes. L’âme aurait contemplé ces Formes avant de s’incarner. La connaissance véritable est stable et permanente, contrairement à l’opinion qui change. On accède à la connaissance par la raison et la dialectique, qui permettent d’atteindre le monde intelligible. Ce monde est au-delà des apparences sensibles et changeantes du monde physique ». Ce philosophe antique dit que « la connaissance véritable provient du monde intelligible des Idées et non des sens ». Il affirme par ailleurs qu’il existe quatre stades de développement de la connaissance : l’imagination, la croyance, la pensée et l’intelligence parfaite.
Pour Aristote (384-322 av. J.-C.), « la connaissance commence par la sensation et l’expérience, mais culmine dans la compréhension des causes universelles et nécessaires des phénomènes. La connaissance scientifique se distingue de l’expérience sensible par sa capacité à saisir les causes, permettant de passer du particulier à l’universel. Cette progression se fait par des étapes : la saisie des termes par le « nous » (intellect), leur articulation en propositions, puis la construction de raisonnements valides pour atteindre des vérités universelles ».
Très Saint Père Léon XIV, bon séjour en Afrique et que Dieu Tout Puissant vous bénisse.