La ville de Douala accueille depuis le 20 avril 2026, une concertation régionale décisive pour l’avenir des ressources extractives en Afrique centrale.
Une étape importante est en train d’être franchie dans la capitale économique camerounaise. Pendant six jours en effet, Douala devient l’épicentre de la stratégie minérale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Sous l’impulsion de la Commission de la Cemac, une concertation élargie réunit experts économiques et responsables politiques autour de l’avant-projet du Code minier communautaire.
La rencontre se distingue par son caractère inclusif. Elle rassemble sénateurs, parlementaires et cadres des ministères des Mines des six États membres. La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), la Commission de surveillance du marché financier (Cosumaf), la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) et l’Issea apportent également leur expertise technique. Cette mobilisation, complétée par la participation de la société civile et du secteur privé, traduit la volonté de bâtir un cadre juridique consensuel.
L’objectif est de finaliser un texte appelé à régir le secteur extractif dans la sous-région. Après cette étape technique, l’avant-projet sera soumis aux ministres des Mines, puis au Parlement communautaire, avant son adoption finale par le Conseil des ministres de l’Ueac.
Quatre axes structurent les discussions. Le premier concerne l’alignement sur la Vision minière africaine, afin d’intégrer les standards internationaux tout en préservant les intérêts régionaux. Le deuxième pilier porte sur la bonne gouvernance, avec un accent sur la transparence et la redevabilité.
Le troisième enjeu est l’harmonisation des législations nationales, destinée à réduire les disparités juridiques entre États membres et à renforcer le pouvoir de négociation face aux multinationales. Enfin, le quatrième axe privilégie la valorisation des expertises locales afin de promouvoir l’ingénierie et le savoir-faire sous-régional.
Au-delà de l’aspect technique, la concertation de Douala envoie un signal politique fort en faveur de la souveraineté économique. L’ambition est de faire du futur code un instrument permettant de transformer les ressources minières en levier de développement.
Si des défis demeurent, les bases posées à Douala apparaissent structurantes. En harmonisant leurs règles, les pays de la Cemac espèrent transformer leur potentiel minier en moteur de croissance durable et de prospérité partagée.