Cette réduction fiscale prévue dans la loi de finances rectificative 2026 devrait notamment entraîner une baisse des coûts de construction, rendant plus accessibles les projets immobiliers pour les ménages, notamment les classes moyennes.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé le 4 mai dernier, dans une interview accordée au journal L’Union, le retour d’une TVA réduite à 5% sur les matériaux de construction, une mesure qui sera intégrée dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Cette décision intervient dans un contexte de vie chère persistante, où le logement demeure l’un des principaux postes de dépense des ménages gabonais.
Concrètement, la baisse de la TVA concerne des intrants essentiels tels que le ciment, le fer à béton, les tôles ou encore le carrelage. En ramenant la fiscalité à 5%, contre un taux standard nettement plus élevé, l’exécutif opte pour un compromis entre le soutien au pouvoir d’achat et la préservation des recettes publiques. Cette approche tranche avec l’exonération totale temporairement appliquée en 2025, puis suspendue pour des raisons budgétaires.
Sur le plan économique, l’impact attendu est double. D’une part, cette réduction fiscale devrait entraîner une baisse des coûts de construction, rendant plus accessibles les projets immobiliers pour les ménages, notamment les classes moyennes. Dans un pays où le déficit en logements reste important, une telle mesure pourrait favoriser l’auto-construction et dynamiser l’accès à la propriété.
D’autre part, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) pourrait bénéficier d’un effet de relance. En réduisant les coûts des intrants, la TVA à 5% est susceptible de stimuler la demande, d’accroître les chantiers et, par ricochet, de générer de l’emploi local. Le BTP, fortement pourvoyeur de main-d’œuvre, constitue en effet un levier clé pour soutenir l’activité économique hors pétrole.
Une volonté de rationalisation des dépenses publiques
Cette mesure s’inscrit dans une enveloppe budgétaire globale de 6 358,2 milliards de Fcfa pour 2026, marquée par une volonté de rationalisation des dépenses publiques. Le gouvernement entend ainsi arbitrer entre impératifs sociaux et contraintes financières, en ciblant des secteurs à fort impact économique et social.
Toutefois, l’efficacité de cette réforme dépendra de sa répercussion réelle sur les prix. L’expérience passée a montré que les baisses fiscales ne se traduisent pas systématiquement par une diminution équivalente des coûts pour les consommateurs. Des mécanismes de contrôle et de régulation seront donc nécessaires pour éviter que les gains fiscaux ne soient captés par les intermédiaires.
Par ailleurs, cette initiative fiscale s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la vie chère. Le président a lui-même reconnu que les mesures de plafonnement des prix mises en place jusqu’ici ont permis de freiner la hausse sans réellement la résorber. Dès lors, la TVA réduite apparaît comme un outil complémentaire, visant à agir directement sur les déterminants des coûts.
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