Commerce extérieur : Le transit des marchandises au cœur des enjeux en Afrique centrale

Pendant trois jours, les participants à la 5ᵉ édition du forum tripartite Cameroun-RCA-Tchad se sont penchés sur les stratégies à mettre en place pour accélérer les échanges et le transport des marchandises entre ces trois pays.

Fluidifier le transit, réduire les coûts logistiques et renforcer l’intégration économique régionale. Tels sont les principaux axes qui ont émergé des travaux de la 5ᵉ édition du forum tripartite Cameroun-RCA-Tchad, tenue du 11 au 13 mai 2026 à N’Djamena.

Le Tchad et la République centrafricaine (RCA), pays enclavés, dépendent largement des ports de Douala et de Kribi pour leur approvisionnement. Ces plateformes portuaires camerounaises constituent des points d’entrée stratégiques pour les marchandises à destination de l’hinterland, rendant cruciale la question de la fluidité et du coût du transit.

Dans ce contexte, la problématique des délais et des coûts de transport par voie terrestre reste centrale. « Pour le Tchad et la RCA, la performance des corridors Douala-Kribi conditionne directement l’approvisionnement des marchés et la compétitivité de nos économies », a souligné Fatima Goukouni Weddeye, ministre tchadienne des Transports et de l’Aviation civile.

Une dynamique en forte croissance

Au Cameroun, le transit de marchandises affiche une progression soutenue. Les volumes sont passés de 866 060 tonnes en 2020 à 1 967 214 tonnes en 2025, soit une croissance annuelle moyenne d’environ 15 %. Les marchandises débarquées pour le transit ont, quant à elles, évolué de 516 367 tonnes à 1 473 426 tonnes sur la même période, traduisant une dépendance accrue des pays de l’hinterland aux infrastructures portuaires camerounaises.

La tendance se confirme en 2026. Au premier trimestre, 324 766 tonnes de marchandises en transit ont été enregistrées, contre 308 302 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 5 %.

Face à cette dynamique, la gestion efficace des flux devient un impératif pour le Port autonome de Douala (PAD), notamment en matière de transparence, de sécurité et de compétitivité. Le forum a ainsi constitué un cadre de concertation sur l’amélioration des corridors Douala-Kribi–N’Djamena–Bangui, la réduction des délais de passage et la sécurisation des marchandises.

Pour le PAD, il s’agit également de consolider le positionnement du port de Douala-Bonabéri comme hub logistique régional. De son côté, le Port autonome de Kribi a profité de la rencontre pour mettre en avant les opportunités de sa zone industrialo-portuaire et renforcer le dialogue avec les opérateurs économiques.

Au final, ce forum confirme l’urgence d’une meilleure coordination régionale pour accompagner la montée en puissance des échanges en Afrique centrale.Haut du formulaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *