Finance internationale : La BAD ouvre ses Assemblées annuelles à Brazzaville

La rencontre réunit du 25 au 29 mai les principaux décideurs économiques et financiers des 81 pays membres de l’institution.

Pour la deuxième fois après 1984, le pays de Denis Sassou Nguesso accueille à partir de ce jour les 61es Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), couplées à la 52e Assemblée du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD).

Véritable baptême du feu pour le nouveau président de cette institution financière internationale, Sidi Ould Tah, cet événement, placé sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », réunira pendant 5 jours plus de 3 000 participants, notamment des chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales des 81 pays membres et représentants du secteur privé.

En marge du thème central, le Congo organisera un événement consacré au partage de connaissances autour du thème : « Bâtir des infrastructures énergétiques et de transport durables et résilientes pour promouvoir l’intégration africaine ». Cette rencontre permettra au pays hôte de présenter aux investisseurs nationaux et étrangers ses potentialités économiques dans les secteurs des mines, du tourisme et des zones économiques spéciales. Dans le cadre de sa « Vision Congo 2063 », le pays a entrepris de transformer son économie afin de réduire la part du pétrole dans le produit intérieur brut (PIB), de 45 % actuellement à une fourchette comprise entre 15 % et 20 %.

Cette grande rencontre de la finance internationale intervient alors que le Congo effectue son retour sur la scène financière continentale après plus de quatre décennies. Le pays aborde ce rendez-vous dans un contexte budgétaire encore sous surveillance, avec une dette publique supérieure à 90 % du PIB et des hydrocarbures représentant environ 90 % des recettes d’exportation. Une trajectoire qui s’améliore, mais demeure fragile.

« C’est bien cela qui est en jeu et le Congo prendra toute sa place dans cette nouvelle architecture financière africaine. Le pays se porte mieux. Nous lançons un nouveau Plan national de développement ainsi qu’une nouvelle stratégie de développement appelée Congo 2063, qui nécessiteront d’importants investissements. Nous offrons également de nombreuses opportunités aux investisseurs désireux de nous accompagner dans la valorisation de notre potentiel. Il y a certes la reconnaissance de notre pays comme un membre important de la communauté financière internationale, mais aussi la volonté de faire du Congo une destination attractive pour les investisseurs », a indiqué Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective du Congo.

Selon les Perspectives économiques en Afrique 2025 de la BAD, le continent pourrait mobiliser près de 1 430 milliards de dollars de ressources nationales grâce à des réformes ciblées. La Banque estime que la réduction des fuites de capitaux, l’amélioration de la gouvernance économique et une meilleure orientation de l’épargne africaine vers l’investissement productif permettraient de renforcer significativement l’autonomie financière du continent.

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