Développement durable: Le Cameroun se dote d’une feuille de route pour l’économie circulaire

Lancé le 22 mai 2026 à Yaoundé, ce cadre de référence prévoit la valorisation de millions de tonnes de déchets afin de créer des emplois verts, stimuler l’industrie locale et réduire les importations.

En chantier depuis octobre 2024 et adoptée en avril dernier, la feuille de route nationale de l’économie circulaire du Cameroun a été officiellement lancée le 22 mai 2026 au cours d’une cérémonie présidée par le secrétaire général du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Jean Tchoffo, en présence du chargé de programmes pays, Pierre Ollame Bekale, représentant du directeur général du Groupe de la BAD pour l’Afrique centrale.

Bâtie sur la période 2025-2035, cette feuille de route élaborée avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD) repose sur 32 objectifs et 102 actions concrètes articulés autour de quatre secteurs prioritaires : l’agro-industrie, la gestion des déchets, la production plastique ainsi que la filière forêt-bois. « Avec cette Feuille de route nationale pour l’économie circulaire 2025-2035, il est véritablement question d’opérer un changement de paradigme dans nos modes de production et de consommation afin de limiter la production des déchets, tout en ouvrant la possibilité de leur recyclage. Cela devrait avoir des effets induits sur la lutte contre les conséquences dévastatrices du changement climatique, sur l’hygiène, la salubrité, la santé et même le bien-être des populations, tout en contribuant à la création de richesses, d’emplois ainsi qu’à la transformation structurelle de notre économie », a indiqué Jean Tchoffo.

Le volet agro-industriel est celui qui illustre le mieux la logique productive qui sous-tend le plan. Le Cameroun perd chaque année 4,5 millions de tonnes de produits agricoles faute de capacités suffisantes de transformation et de stockage. La feuille de route prévoit de valoriser ces résidus en biofertilisants, une piste qui permettrait simultanément de réduire les pertes post-récolte et de diminuer la dépendance aux engrais chimiques importés, un poste de dépense structurellement lourd pour les finances publiques.

En ce qui concerne les plastiques, avec 1 300 tonnes de déchets rejetées chaque jour, le Cameroun figure parmi les pays les plus exposés à cette problématique en Afrique centrale. La stratégie retenue ne se limite pas à l’interdiction ou à la sensibilisation. Elle mise sur l’écoconception et la promotion d’alternatives industrielles locales, avec l’ambition de faire du déchet plastique une matière première pour des filières encore embryonnaires.

S’agissant du secteur forêt-bois, parent pauvre de l’industrialisation camerounaise malgré l’immensité de son potentiel, la feuille de route mise sur une transformation locale accrue et sur la valorisation des rebuts de scierie aujourd’hui largement abandonnés ou brûlés. De manière concrète, ce document vise à porter le taux de recyclage des déchets solides à plus de 30% et à structurer près de 300 PME circulaires d’ici à 2035.

Il convient de préciser que la feuille de route nationale sur l’économie circulaire constitue un instrument majeur pour intégrer les principes de circularité dans le développement national, améliorer les infrastructures de gestion des déchets, favoriser la collaboration entre les différentes parties prenantes et développer des politiques sectorielles spécifiques. Elle a également vocation à orienter l’identification des opportunités d’investissement et à faciliter la mobilisation de financements en faveur des initiatives circulaires.

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