Les travaux du comité mixte présidé par le ministre des Transports ont permis d’identifier plusieurs pistes destinées à renforcer le rôle stratégique de cette entreprise dans le développement des infrastructures logistiques et du commerce extérieur.
Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc) poursuit sa transformation. Le comité de mise en conformité, coordonné par le secrétariat général du ministère des Transports, a restitué le 22 mai 2026 à Douala, les conclusions de ses travaux visant à accompagner la mutation de l’organisme en société à capital public, conformément aux décrets présidentiels, notamment celui du 16 juillet 2025.
Cette réforme marque le passage du Cncc d’un organisme à vocation essentiellement administrative à un acteur économique appelé à jouer un rôle central dans le développement logistique du pays. Lors de la cérémonie présidée par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, le comité a mis en avant les implications juridiques, financières et organisationnelles de cette mutation.
Le nouveau modèle prévoit une gouvernance reposant sur trois piliers : le pilotage stratégique assuré par l’État, la mise en œuvre opérationnelle confiée au Cncc et l’implication des opérateurs privés ainsi que des collectivités territoriales décentralisées. Cette nouvelle configuration ouvre également la voie aux partenariats public-privé afin de mobiliser des financements mixtes pour les projets logistiques.
Les réflexions du comité se sont articulées autour de trois axes majeurs : le développement des infrastructures logistiques de facilitation du transport et du commerce ; l’exploitation des ports secs, magasins et aires de dédouanement extérieurs (Made) ; ainsi que l’émission des documents obligatoires de transport, notamment la lettre de voiture internationale (LVI) et la lettre de voiture obligatoire (LVO).
Concernant les infrastructures logistiques, le comité recommande un modèle favorisant une meilleure coordination entre l’État, le Cncc et les acteurs privés. S’agissant des ports secs et des Made, les travaux ont révélé plusieurs insuffisances, notamment la faible couverture territoriale, le déficit d’investissements, les difficultés de coordination institutionnelle et l’absence d’un cadre juridique spécifique.
Pour les documents de transport, l’évaluation du dispositif actuel a mis en évidence la multiplicité des intervenants, des risques de chevauchement de compétences et la nécessité d’une digitalisation complète des procédures.
Le comité estime que cette réforme représente une opportunité stratégique pour moderniser la chaîne logistique nationale et améliorer la compétitivité du commerce extérieur camerounais. Toutefois, sa réussite dépendra de l’adaptation du cadre juridique, du renforcement de la coordination interinstitutionnelle, de la mobilisation des financements nécessaires et de la digitalisation des procédures.