Il a été lancé le 3 juin 2026 à Bangui par Créditinfo Central Africa, en présence des autorités et du directeur national de la Beac Centrafrique, Souaïbou Abari.
Après le Cameroun, la République centrafricaine (RCA) vient de se doter d’un Bureau d’information sur le crédit (BIC). Il a été lancé le 3 juin 2026 à Bangui au cours d’une cérémonie présidée par Yambouka Wamata, représentant du ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, empêché. C’était en présence de Souaïbou Abari, directeur national de la Beac Centrafrique.
Mis en place par Créditinfo Central Africa, représenté par Philippe Boupda, son directeur général, sur recommandation de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), cet outil, dont l’objectif est de centraliser et d’analyser les informations sur le crédit, vise à renforcer la supervision, la transparence et la régulation des risques.
En effet, un système financier moderne repose sur trois piliers que sont la confiance, l’information et la responsabilité. Pour les établissements financiers et les instances de régulation, le Bureau d’information sur le crédit (BIC) nouvellement créé se situe pleinement au croisement de ces trois exigences, comme l’a relevé Léandre Njoumè, directeur général d’Ecobank RCA et, par ailleurs, président de l’Association professionnelle des établissements de crédit (Apec) de ce pays. En améliorant la circulation de l’information, de meilleures décisions seront prises en matière de crédit. Aussi, en améliorant la décision, la qualité du crédit sera renforcée ; et en améliorant la qualité du crédit, la stabilité financière sera consolidée, tandis que les opportunités seront élargies aux entreprises et aux populations.
Les visées du déploiement des BIC en Afrique centrale
Lancé à Douala, au Cameroun, le 20 janvier 2026, le déploiement des bureaux d’information sur le crédit (BIC) dans les six pays de la Cemac répond à un objectif stratégique clair et assumé : « réduire l’asymétrie d’information, améliorer l’évaluation du risque de crédit, renforcer la discipline de marché et, ce faisant, contribuer à la solidité du système financier, au bénéfice à la fois des établissements financiers, des emprunteurs, de la Banque centrale et, plus largement, de l’économie réelle », avait alors déclaré Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque centrale.
Cette réforme s’inscrit dans le droit fil des missions de veille à la conformité réglementaire et de supervision dévolues à l’institut d’émission. Elle appelle donc à un encadrement rigoureux, proportionné et évolutif. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit le nouvel accord de coopération en cours de finalisation entre la Beac et la SFI. Ce cadre de coopération ouvrira une nouvelle phase opérationnelle articulée autour de trois axes majeurs.
L’apport stratégique de la Société financière internationale (SFI)
Le premier axe est le renforcement du dispositif de contrôle et de supervision des BIC. Avec l’appui de la SFI, la Beac mettra en place des outils, des référentiels et des méthodologies alignés sur les meilleures pratiques internationales, afin d’assurer une supervision fondée sur les standards les plus élevés en matière de maîtrise des risques, couvrant la gouvernance, la qualité des données, les systèmes d’information et la protection des consommateurs. Le deuxième axe porte sur l’intégration encadrée des données alternatives, qui constituent un levier important pour l’inclusion financière, notamment pour les micro, petites et moyennes entreprises (Mpme), les ménages et les populations peu bancarisées. Leur exploitation se fera de manière progressive, dans le strict respect des principes de consentement, de confidentialité et de sécurité des informations.
Enfin, ce cadre de coopération réservera une place centrale au renforcement des capacités et à l’accompagnement des acteurs. « Il s’agira d’outiller les équipes de la Banque centrale, mais aussi de sensibiliser les établissements de crédit, de microfinance et les fournisseurs de données à l’usage responsable de l’information sur le crédit », indique-t-on.