Gouvernance bancaire : Le Minfi assigne des contrats de performance à UBC et NFC Bank

Signés le 11 juin 2026 à Yaoundé, ils portent notamment sur le renforcement de la solidité financière, l’amélioration de la rentabilité, le développement des activités bancaires, le renforcement de la gouvernance, la maîtrise des risques, l’amélioration de l’inclusion financière et le financement de l’économie.

Passée la phase de restructuration de la National Financial Credit Bank (NFC Bank) et de l’Union Bank of Cameroon (UBC), l’accent est désormais mis sur leur rentabilité. C’est tout le sens des contrats d’objectifs et de performance signés le 11 juin 2026 à Yaoundé entre ces deux banques et le ministre des Finances, représentant l’État du Cameroun, actionnaire des deux institutions bancaires. En présence d’Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), les documents y relatifs ont été paraphés respectivement par Louis Paul Motaze, ministre des Finances, Charlotte Kouecheu Chekep, directrice générale de l’UBC, et Pr Touna Mama, son PCA. Côté NFC Bank, c’est Julius Manjo Berdu, directeur général, et un membre du conseil d’administration représentant le PCA qui ont apposé leurs signatures sur lesdits documents.

Les visées des contrats d’objectifs et de performance

Étant l’aboutissement logique d’un long processus visant à préserver la stabilité du système bancaire, protéger l’épargne publique et sauvegarder des banques dont le rôle est essentiel pour l’économie, les contrats d’objectifs et de performance ainsi signés marquent le passage d’une phase de redressement des deux banques à une phase de consolidation de leur performance et de création d’une valeur durable. Ils définissent les engagements réciproques de l’État du Cameroun et des deux banques, tout en établissant un cadre de référence précis, assorti d’objectifs mesurables et d’indicateurs de performance permettant d’apprécier les progrès au cours des prochaines années.

Les objectifs poursuivis portent notamment sur le renforcement de la solidité financière, l’amélioration de la rentabilité, le développement des activités bancaires, le renforcement de la gouvernance, la maîtrise des risques, l’amélioration de l’inclusion financière et le financement de l’économie. Afin de garantir une mise en œuvre efficace desdits engagements, l’autorité monétaire nationale a décidé de créer, pour chacune des banques, un comité paritaire de suivi-évaluation. Celui-ci veillera à l’appréciation semestrielle des performances réalisées et formulera, le cas échéant, les recommandations nécessaires à l’atteinte des objectifs fixés.

Pour sa part, l’État du Cameroun entend pleinement assumer son rôle d’actionnaire responsable et de garant de la stabilité du système financier. Toutefois, « le succès futur de NFC Bank et de l’UBC dépendra avant tout de la qualité du management, de l’engagement des conseils d’administration, du professionnalisme des équipes dirigeantes et de leur capacité à anticiper les mutations du secteur bancaire », a déclaré le ministre des Finances dans son allocution de circonstance. Raison pour laquelle il a invité les responsables des deux banques à poursuivre les efforts entrepris, à consolider les acquis de la restructuration et à inscrire leurs actions dans une logique permanente de performance, de transparence et de création de valeur.

La restructuration de NFC Bank et de l’UBC : une expérience pionnière en Afrique centrale

Les restructurations de l’UBC et de la NFC Bank constituent, à bien des égards, une expérience pionnière en Afrique centrale et même au-delà, selon le gouvernement. Peu de pays ont réussi à conduire jusqu’à leur terme des opérations aussi complexes visant à sauver des établissements de crédit en difficulté, tout en restaurant leur viabilité financière et en recomposant les organes de gouvernance, de manière à remettre ces institutions durablement sur la voie de la performance. En effet, les difficultés que les deux banques ont connues constituaient non seulement un défi majeur, mais surtout un enjeu réel pour le landerneau économique et financier national. Face à cette situation, l’État du Cameroun a fait le choix de la responsabilité, de l’anticipation et de l’intérêt général. « Plutôt que de subir les conséquences d’une liquidation qui aurait affecté les clients et les employés, ainsi que la confiance en notre système financier, le gouvernement a engagé un ambitieux programme de restructuration, fondé sur des solutions durables et conformes aux exigences de la réglementation communautaire », a souligné le ministre Louis Paul Motaze.

Des résultats satisfaisants au bout du compte

Dans cette veine, les plans de restructuration ont été élaborés puis validés avant d’être mis en œuvre sous la supervision des autorités de régulation. Lesdits plans reposaient sur l’assainissement des bilans des deux banques et le renforcement de leur situation financière à travers le comblement des insuffisances d’actifs et la recapitalisation. Au bout du compte, des résultats jugés satisfaisants ont été obtenus grâce aux efforts conjugués de l’État du Cameroun, de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), de la Beac, des organes dirigeants des deux banques et des équipes techniques regroupées au sein du comité interministériel.

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