Le président gabonais a fixé une nouvelle feuille de route aux directeurs généraux des régies financières au cours d’un conseil de cabinet tenu le 9 juillet 2026 à Libreville.
Réunis en Conseil de cabinet autour du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les directeurs généraux des régies financières ont reçu le 9 juillet dernier une série d’instructions destinées à améliorer durablement les performances de mobilisation des recettes de l’État. Au cœur de cette rencontre figurait un objectif clair : doter le pays de ressources supplémentaires pour financer les priorités nationales, tout en maintenant le rythme des grands projets de développement.
La mesure phare annoncée par le chef de l’État concerne la réalisation d’un audit complet des exonérations fiscales et douanières. Selon la note d’audience rendue publique par la Présidence de la République gabonaise, « cet exercice devra permettre de distinguer les avantages qui demeurent économiquement justifiés de ceux qui, arrivés à échéance, continuent de priver indûment le Trésor public de recettes substantielles ». Pour les autorités locales, il s’agit de rationaliser un dispositif dont l’impact sur les finances publiques est devenu un enjeu majeur, tout en préservant les mécanismes réellement favorables à l’investissement et à la croissance économique.
Au-delà de cette revue des exonérations, le président gabonais a insisté sur la modernisation des administrations financières. Il a demandé l’accélération de la digitalisation et de l’interconnexion des régies afin d’améliorer les performances de collecte, de renforcer la transparence et de limiter les pertes de recettes. Cette modernisation est appelée à constituer un levier essentiel pour accroître l’efficacité de l’action publique et renforcer la gouvernance budgétaire.
L’autre priorité fixée aux responsables des régies financières est la mise en œuvre d’une stratégie rigoureuse de soutenabilité de la dette publique. Le chef de l’État entend ainsi préserver la crédibilité financière du Gabon auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que des bailleurs de fonds, dans un contexte où la maîtrise des équilibres macroéconomiques demeure un facteur déterminant pour le financement du développement.
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, les efforts de mobilisation des recettes ne constituent pas une fin en soi. Les ressources additionnelles attendues devront être orientées vers des secteurs prioritaires tels que l’éducation, la santé, les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux services publics de base, avec pour finalité l’amélioration des conditions de vie des populations.
Afin d’assurer un suivi rapproché de ces orientations, le président de la République a décidé d’institutionnaliser ce Conseil de cabinet, qui se réunira désormais chaque mois. Cette instance sera chargée d’évaluer l’évolution de la mobilisation des recettes, l’exécution budgétaire et la gestion de la dette publique, avant que cette démarche de pilotage par la performance ne soit progressivement étendue à d’autres secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation, les travaux publics, l’eau et l’énergie. Une approche qui traduit la volonté de l’exécutif gabonais d’instaurer une gouvernance davantage fondée sur les résultats et la redevabilité.