Port de Douala-Bonabéri : Malgré l’incident, le chenal reste opérationne

Les équipes du Port autonome de Douala se sont mobilisées sans délai pour maîtriser les conséquences de l’incident et assurer la continuité du trafic maritime dans le chenal.

L’accident maritime survenu dans le chenal du port de Douala-Bonabéri n’est pas sans conséquence. Il s’est produit dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026 au niveau de la bouée n° 20, impliquant les navires MV Sea Honor, en phase de sortie du port, et MV Black Rhino, qui effectuait son entrée.

Selon le Port autonome de Douala (PAD), cet incident n’a fait aucune victime. En revanche, d’importants dégâts matériels ont été enregistrés sur les deux navires, entraînant une obstruction temporaire de la voie navigable. Sans donner davantage de précisions sur l’ampleur des dommages, le PAD indique que ses équipes techniques et opérationnelles ont été immédiatement mobilisées. Une cellule de crise a été mise en place et d’importants moyens nautiques ont été déployés afin de sécuriser la zone et de rétablir la circulation maritime dans les meilleurs délais.

À ce jour, l’autorité portuaire rassure que cet incident n’a pas perturbé durablement le trafic des navires transportant des marchandises. « Les opérations de libération du chenal ont été menées avec succès. La navigation a ainsi pu reprendre dans des conditions normales de sécurité », précise-t-elle.

Long d’environ 50 kilomètres, le chenal du port de Douala-Bonabéri constitue un axe stratégique pour le Cameroun et l’ensemble de la sous-région. Il fait face à d’importants défis structurels qui nécessitent des opérations permanentes d’entretien et de désensablement.

C’est dans cette optique que la Régie déléguée du dragage du PAD a repris en main, dès le 23 janvier 2022, les opérations de dragage du chenal d’accès. Auparavant, cette activité essentielle était confiée à des entreprises multinationales, pour un coût cumulé de près de 156 milliards de Fcfa sur quinze ans.

Conformément aux très hautes instructions du président de la République, le processus d’autonomisation a été engagé et s’est concrétisé en 2020. Grâce à sa régie spécialisée, le PAD assure désormais lui-même l’entretien permanent des quais, des darses, du chenal et des plans d’eau à l’aide de ses propres équipements. Le coût annuel est désormais estimé à environ 4 milliards de Fcfa, contre près de 10 milliards de Fcfa auparavant facturés par les prestataires externes. « Si le Port de Douala-Bonabéri veut maintenir sa position de leader dans le golfe de Guinée, voire sur l’ensemble de la façade ouest-africaine, et conserver un avantage concurrentiel, l’Autorité portuaire doit poursuivre la mise en œuvre de sa stratégie, laquelle intègre la forte croissance de la taille des navires, exigeant des profondeurs toujours plus importantes », rappelle Cyrus Ngo’o, directeur général du PAD.

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