Au terme de la première phase, achevée le 15 juillet 2026, il est question de stopper l’hémorragie des ressources financières de l’État provoquée par des prestations indues et de garantir la soutenabilité à long terme de la politique sociale du gouvernement.
Lancée le 25 juin 2026 par le ministre des Finances, la première phase de l’opération d’audit des allocations familiales (Aalfa) s’est achevée le 15 juillet dernier. En l’absence des premières données officielles collectées sur le terrain, le comité chargé de sa mise en œuvre indique que tout se déroule normalement.
L’affluence observée dans les banques et les trésoreries générales en dit long sur l’engouement des agents publics pour cette opération sur l’ensemble du territoire national. Munis de leurs dossiers, ils tentent de montrer patte blanche. Ceux-ci sont composés d’un certificat collectif de vie des enfants déclarés, de la photocopie d’un acte d’avancement ou d’un bulletin de paie, de photocopies simples des actes de naissance de tous les enfants figurant sur le certificat collectif de vie, ainsi que de la photocopie de la carte nationale d’identité (CNI) du parent bénéficiaire des allocations.
Les enjeux
À quelques jours du lancement de la seconde phase de l’opération, prévue du 25 juillet au 15 août 2026, l’enjeu principal est de stopper l’hémorragie des ressources financières de l’État provoquée par des prestations indues. Les récentes analyses de la base de données de la Solde ont révélé qu’en moins de cinq ans, l’enveloppe budgétaire dédiée est passée de 21 milliards de Fcfa à 38 milliards de Fcfa, soit une augmentation de 17 milliards de Fcfa.
Pour le Trésor public, chaque franc CFA détourné par la fraude est un franc de moins pour les investissements publics (écoles, hôpitaux, infrastructures). Il s’agit ainsi de garantir la soutenabilité à long terme de la politique sociale de l’État.
Au-delà des enjeux financiers et budgétaires, l’opération répond également à un impératif d’équité sociale et de bonne gouvernance. Il est nécessaire de restaurer la justice entre les agents publics. En effet, la fraude fragilise la crédibilité de l’action publique. Seul un assainissement du fichier permettra de garantir que la solidarité nationale bénéficie exclusivement à ceux qui y ont légitimement droit.
Le principal défi consiste à auditer une masse de près d’un million d’enfants enregistrés sans perturber le traitement régulier de la solde mensuelle des agents publics. Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, « le nombre d’enfants alignés est passé de 594 728 en juin 2024 à 923 307 en mars 2026, soit une croissance de 55 % en 21 mois ». La réussite de cette opération passe par le déploiement d’outils d’analyse de données avancés, la mobilisation des équipes pour un contrôle documentaire rigoureux, ainsi que par le maintien d’un climat social serein, en évitant toute désinformation.
Les résultats escomptés
Au terme de cette opération, le ministère des Finances table sur plusieurs résultats concrets. Le premier est l’obtention d’un fichier solde totalement assaini et fiable, grâce à une base de données purgée de toute anomalie et reflétant la stricte réalité démographique et légale des familles des agents publics. Le second est la réalisation d’économies budgétaires substantielles, grâce à une réduction immédiate de la masse des allocations familiales indues, permettant un retour à une trajectoire financière maîtrisée et soutenable. Il est également question de détecter et de sanctionner les fraudes, à travers l’identification formelle des réseaux et des auteurs de déclarations frauduleuses, suivie de l’application des sanctions disciplinaires et des poursuites judiciaires prévues par la réglementation.
Par ailleurs, l’opération Aalfa devrait permettre la mise en place de barrières de sécurité automatisées grâce à l’implémentation de contrôles informatiques bloquants lors de la saisie de nouvelles allocations (par exemple, le blocage automatique en cas d’écart d’âge impossible ou de duplication des numéros d’actes de naissance). Elle devrait également renforcer la confiance des usagers et des partenaires, en démontrant une gouvernance rigoureuse des finances publiques et en consolidant la crédibilité de l’État vis-à-vis des citoyens et des partenaires institutionnels. Les allocations familiales incarnent, en effet, l’engagement de l’État en faveur du bien-être des familles de ses agents.