Apurement de la dette intérieure : Le Gabon débloque 51 milliards de Fcfa pour soulager les entreprises

Cette opération concerne  les PME intervenant dans le BTP, l’entretien, l’approvisionnement en carburant, la fourniture de produits alimentaires, ainsi que les opérateurs des secteurs forêt-bois et minier, selon une annonce faite le 10 août 2026 par le président Oligui Nguema.

À quelques jours de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, le gouvernement veut envoyer un signal fort au secteur privé. Au cours de l’audience accordée le 10 août 2026 à une délégation de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), conduite par son président Alain-Claude Kouakoua, au Palais de la Rénovation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé le paiement de 21 milliards de Fcfa  de créances dues aux entreprises.

Cette première opération concerne 1 478 ordonnances de paiement couvrant la période 2022-2026. Elle cible notamment les PME intervenant dans le BTP, l’entretien, l’approvisionnement en carburant et la fourniture de produits alimentaires. À cette enveloppe s’ajoutent 30 milliards de Fcfa  destinés aux opérateurs des secteurs forêt-bois et minier. Au total, 51 milliards de Fcfa doivent ainsi être mobilisés dans le cadre de l’apurement progressif de la dette intérieure.

L’annonce intervient alors que les arriérés de l’État constituent depuis plusieurs années un frein à l’activité des entreprises. La Banque mondiale relevait déjà, dans son diagnostic de l’économie gabonaise, que l’accumulation d’arriérés de paiement avait contribué à fragiliser les finances publiques. L’institution estimait par ailleurs la croissance gabonaise à 2,9% en 2024, essentiellement tirée par le pétrole et les travaux publics, tandis que le pays demeure fortement dépendant de quelques produits d’exportation.

Un ballon d’oxygène pour les PME

Pour les entreprises créancières, le paiement des factures en souffrance constitue d’abord un enjeu de trésorerie. Les retards de règlement peuvent en effet bloquer le financement du cycle d’exploitation, retarder les investissements et fragiliser les emplois. C’est donc sur ce terrain que le chef de l’État entend obtenir un effet rapide. « Cette opération vise à soutenir la trésorerie des entreprises, à préserver les emplois et à favoriser la reprise des investissements et de l’activité économique », souligne la note d’audience de la présidence gabonaise.

Mais le règlement des arriérés ne saurait constituer une fin en soi. Brice Clotaire Oligui Nguema demande ainsi aux bénéficiaires de transformer cette bouffée d’oxygène en nouvelles capacités productives. Le président gabonais les a ainsi appelés à convertir les sommes reçues « en investissements, en capacités de production et en créations d’emplois ».

Cette exigence prend une résonance particulière dans une économie où le secteur privé doit encore accroître sa contribution à la diversification. En juin dernier, Alain-Claude Kouakoua a été élu à l’unanimité à la tête de la FEG, avec notamment pour feuille de route la défense des intérêts des entreprises, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement du dialogue avec les pouvoirs publics.

Au-delà du paiement des créances, le président de la République souhaite également voir émerger des entreprises gabonaises capables de changer d’échelle. Il encourage ainsi les PME et PMI à « mutualiser leurs compétences et à se regrouper », afin de constituer des structures suffisamment solides pour accéder aux marchés publics importants et porter de grands projets.

Une stratégie qui rejoint l’ambition affichée par Libreville de renforcer le rôle du secteur privé dans la transformation de l’économie. En effet, lors d’une récente visite au Ghana, Brice Clotaire Oligui Nguema avait d’ailleurs appelé les hommes d’affaires ghanéens à investir au Gabon, notamment dans la transformation locale des ressources minières.

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