Triennat 2027-2029 : Priorité à la finalisation des projets en cours de réalisation

C’est l’une des recommandations issues des conférences élargies de programmation budgétaire de la performance associée qui s’achèvent le 11 septembre 2026 à Yaoundé.

« Achever avant de multiplier, en privilégiant les projets en cours dont l’achèvement peut générer rapidement des résultats et programmer uniquement ce qui peut être effectivement financé ». C’est l’appel lancé par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, à l’ouverture de la session des conférences élargies de programmation budgétaire de la performance associée qui se tient depuis le 1er septembre 2026 à Yaoundé. C’était en présence d’une bonne brochette de membres du gouvernement, notamment le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, coprésident de cette instance, du ministre délégué à la Présidence chargé des Marchés publics, Ibrahim Talba Malla, du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, et du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa.

Cette session avait pour but d’affiner la programmation triennale des dépenses des administrations publiques pour la période 2027-2029 et de décliner les priorités du gouvernement, notamment l’accélération de la transformation structurelle et l’industrialisation de l’économie, la modernisation de l’agriculture, le développement des infrastructures, l’amélioration des conditions de vie et la création d’emplois. Et pour y parvenir, « il faudra que nous puissions avoir des cadres de dépenses à moyen terme qui soient effectivement crédibles, soutenables et exécutables. En réalité, une bonne exécution du budget commence par une bonne programmation. Il faut la sincérité dans la programmation. Il faut la soutenabilité dans la programmation et l’objectif de performance », a indiqué Christian Arnault Emini, directeur général de l’Économie et de la Programmation des investissements. 

Surtout que l’inscription d’un projet au portefeuille public ne garantit pas sa réalisation dans les délais prévus. Le Programme d’investissement prioritaire (PIP) 2027-2029 entend ainsi opérer un tri plus strict avant de retenir les investissements publics. Près de 500 projets figurent déjà dans le portefeuille public. Leur coût cumulé laisse environ 8 500 milliards de FCFA à programmer. Dans ce contexte, chaque nouveau projet doit désormais franchir plusieurs filtres avant d’accéder au PIP. Le filtre ne porte toutefois pas uniquement sur le montant. Les projets retenus doivent contribuer à la formation brute de capital fixe ou participer à l’import-substitution. Ils doivent aussi avoir une portée nationale ou entraîner un changement structurel sur les plans économique, social ou de l’unité nationale.

À ce stade, l’administration établit une « liste des projets qualifiés ». Mais cette première sélection ne suffit pas. Le document prévoit ensuite une phase de priorisation destinée à classer les projets en fonction de leur performance. L’analyse combine des critères économiques, sociaux, environnementaux et climatiques. Un modèle économique attribue ainsi un score de performance à chaque projet. Les investissements sont ensuite répartis en quatre groupes, des plus performants aux moins performants.

Toutefois, le gouvernement entend maintenir la dette publique sous 50 % du PIB et concentrer les investissements sur les infrastructures prioritaires : routes, voies ferrées, énergie, hydraulique, numérique, agriculture et industrie. La généralisation des contrats de performance pour les projets publics devrait également guider les échanges entre administrations.

Ces conférences élargies permettront d’examiner la nouvelle cartographie des programmes et d’affiner la programmation des dépenses de l’État sur la période 2027-2029, année qui précède la fin de la mise en œuvre de la SND30, dans le respect des objectifs de renforcement de l’efficacité de la dépense publique, d’amélioration du pilotage des politiques publiques et de soutenabilité des engagements financiers de l’État à moyen terme. Il convient de rappeler que ces conférences s’inscrivent dans le cadre des réformes en matière de gestion des finances publiques et constituent un rendez-vous décisif du processus de préparation du budget de l’État. Elles réunissent autour des équipes du Minepat et du Minfi les responsables des programmes, des études et du budget, ainsi que les contrôleurs de gestion des administrations publiques et les acteurs de la société civile.

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