Dette : le Gabon rembourse 29,4 milliards de Fcfa au FMI en cinq mois 

Cette opération de désendettement qui vient renforcer la crédibilité financière du pays, pourrait desserrer la contrainte sur ses finances publiques. 

Le Gabon poursuit l’apurement de ses engagements envers le Fonds monétaire international (FMI). En effet, en fin août 2026, l’encours des crédits dus par Libreville à l’institution financière internationale s’établissait à 319,05 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 247 milliards de Fcfa, contre 357,06 millions de DTS, près de 276 milliards de Fcfa, cinq mois plus tôt. Cette baisse de 38,01 millions de DTS représente une contraction de 10,6 %, soit environ 29,4 milliards de Fcfa.

Cette évolution résulte principalement du remboursement des échéances liées aux anciens programmes du FMI. Il ne s’agit donc ni d’un abandon de créances ni d’une restructuration de la dette. Le calendrier de l’Institution de Bretton Woods fait d’ailleurs apparaître plusieurs remboursements effectués au titre de la Facilité élargie de crédit en juin, juillet et août 2026, tandis que d’autres échéances restent programmées avant la fin de l’année

Sur une période plus longue, la décrue est encore plus significative. De manière concrète, l’encours gabonais auprès du FMI est passé de 670,28 millions de DTS fin 2023 à 499,77 millions fin 2024, puis 369,76 millions fin 2025, avant de tomber à 319,05 millions de DTS à fin août 2026. En moins de trois ans, Libreville a ainsi réduit de plus de moitié son endettement auprès de l’institution.

Pour l’économie gabonaise, cette évolution constitue d’abord un signal positif. En effet, une dette extérieure moins élevée réduit progressivement les obligations de remboursement futures et peut contribuer à alléger la pression exercée par le service de la dette sur les finances publiques. Les ressources ainsi préservées peuvent, à terme, offrir davantage d’espace pour financer les dépenses prioritaires, notamment les infrastructures, les services sociaux et les investissements productifs.

Cette amélioration peut également renforcer la perception du Gabon auprès des investisseurs et des autres bailleurs. La capacité d’un État à honorer régulièrement ses échéances constitue un élément important de sa crédibilité financière. Dans le cas gabonais, cette discipline peut faciliter l’accès à de nouveaux financements dans de meilleures conditions, à condition que la trajectoire globale des finances publiques reste maîtrisée.

Le principal point de vigilance se situe toutefois au niveau de la dette publique globale. La baisse de l’encours envers le FMI ne signifie pas nécessairement que le Gabon se désendette dans son ensemble. Le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema continue d’ailleurs de mobiliser des ressources auprès d’autres catégories de créanciers, notamment sur le marché financier régional.

« Le risque serait alors de voir les remboursements effectués au FMI compensés par de nouveaux emprunts contractés ailleurs. Dans ce scénario, la structure des créanciers changerait sans que le poids réel de la dette sur l’économie diminue significativement », fait savoir u expert financier. Cet enjeu est d’autant plus important que Libreville cherche parallèlement à conclure un nouveau programme avec le FMI. L’institution indique par ailleurs que l’économie gabonaise devrait enregistrer une croissance réelle de 2,7 % en 2026, avec une inflation projetée à 2,5 %.

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