Réunis du 7 au 9 octobre 2026, les 52 chefs des exécutifs municipaux du pays réclament le transfert effectif des compétences, des ressources correspondantes et une gouvernance locale davantage axée sur les résultats.
En conclave à Franceville, dans le cadre de la 6e Assemblée générale extraordinaire de l’Association des maires du Gabon (AMG), les 52 édiles du Gabon ont adopté, le 9 octobre 2026, la déclaration de Franceville sur la décentralisation effective et la gouvernance locale dans la Ve République. A travers cet appel, ces chefs des exécutifs municipaux entendent donner aux collectivités territoriales les moyens financiers, humains et matériels d’assumer leurs responsabilités.
En détail, la déclaration s’articule autour de trois orientations majeures. La première appelle à franchir une nouvelle étape, en passant d’une décentralisation de principe à un transfert effectif des compétences de l’État vers les communes. L’enjeu est de rapprocher les services publics des populations sans laisser les municipalités supporter seules les charges liées aux nouvelles missions.
La deuxième orientation porte sur la refondation des relations entre l’État et les collectivités locales. Confiance, responsabilité, contractualisation, transparence, évaluation et obligation de résultats doivent guider cette coopération. La troisième orientation traduit quant à elle la volonté des maires d’assumer pleinement leur rôle dans le développement des territoires et, à travers eux, dans la transformation de l’économie nationale.
L’autonomie financière en première ligne
D’un autre côté, les treize priorités formulées à Franceville précisent les conditions de cette ambition. Elles concernent tout d’abord : le transfert des compétences avec les ressources humaines, matérielles et financières correspondantes ; le renforcement de l’autonomie financière ; l’amélioration de l’exécution des budgets communaux ; la modernisation des administrations municipales ; et la professionnalisation des personnels.
Les élus veulent également renforcer la planification urbaine et territoriale, promouvoir le développement économique local et l’emploi, puis accélérer la digitalisation des services municipaux, notamment de la fiscalité. À ces chantiers s’ajoutent la participation citoyenne, la transparence et la redevabilité, ainsi que la conclusion de contrats pluriannuels de développement entre l’État et les communes.
Sur le plan financier, les maires demandent un allègement des procédures de passation des marchés publics, la facilitation de la gestion budgétaire par l’ouverture de comptes à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), ainsi qu’une meilleure exécution des budgets et le paiement prioritaire de certaines dépenses communales.
Ces revendications soulèvent une question centrale : comment confier davantage de responsabilités aux collectivités sans leur garantir des recettes prévisibles et des mécanismes de financement adaptés ? Pour les communes, l’autonomie ne peut se limiter à un transfert administratif. Elle suppose une capacité réelle à mobiliser les ressources propres, à programmer les investissements et à régler les dépenses nécessaires au fonctionnement des services publics.
En contrepartie, les maires s’engagent à améliorer la gestion financière, maîtriser les dépenses, accroître les recettes locales et renforcer la performance de leurs administrations. L’objectif est de faire de la décentralisation un instrument de développement territorial, capable de soutenir l’activité économique, l’emploi et la qualité des infrastructures de proximité.
La déclaration doit désormais se traduire en mesures concrètes, selon une feuille de route prévoyant l’inventaire des compétences et des charges, l’identification des moyens nécessaires, l’expérimentation dans des communes pilotes et la généralisation progressive du dispositif.