Marchés internationaux de capitaux : La Bdeac lève 222 millions de dollars grâce à sa première émission obligataire internationale

Réalisée le 13 octobre 2026 au taux annuel de 7,88%, avec une échéance en octobre 2029, cette opération ouvre à la banque sous-régionale une nouvelle source de financement destinée à soutenir les projets structurants dans les six pays de la Cemac.

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac) franchit une nouvelle étape dans la diversification de ses ressources. Dans un communiqué publié le 14 octobre 2026, dont Le Financier d’Afrique a reçu copie, l’institution annonce avoir mobilisé 222 millions de dollars à l’occasion de sa première émission obligataire sur les marchés internationaux de capitaux, réalisée le 13 octobre dernier.

Pour Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC, cette opération constitue une avancée majeure dans la mise en œuvre du Plan stratégique 2023-2027 « Azobé ». Elle témoigne, selon lui, de la confiance des investisseurs internationaux dans les fondamentaux financiers de la banque et de leur soutien à sa transformation et à sa modernisation. Elle conforte également son positionnement au sein de la communauté internationale des banques multilatérales de développement.

L’opération a notamment bénéficié de la participation d’Africa Finance Corporation (AFC), en qualité d’investisseur d’ancrage stratégique, aux côtés d’autres investisseurs de premier plan. Cette participation traduit le soutien de l’institution à la mission de financement du développement de l’Afrique centrale portée par la BDEAC.

Des ressources pour les projets structurants

Les fonds mobilisés représentent près de 15 % du total du bilan de la banque. Ils doivent permettre d’accélérer les décaissements en faveur du développement économique et de l’intégration régionale, notamment dans les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie et l’industrie, au bénéfice des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

L’émission affiche un taux annuel de 7,88 %, avec une échéance en octobre 2029. Selon le communiqué, le taux coupon est exprimé en euros après la mise en place simultanée d’une couverture de change euro-dollar (EUR-USD). Cette opération s’accompagne d’engagements renforcés en matière de transparence financière et de communication avec les investisseurs. La banque prévoit notamment des conférences semestrielles ainsi que la publication régulière de présentations détaillant le soutien de ses actionnaires, la performance de son portefeuille de prêts, ses financements et sa situation de liquidité.

Cette première levée de fonds internationale intervient après l’obtention, en novembre 2025, d’une notation de crédit « Ba3 », assortie d’une perspective stable, attribuée par Moody’s. Cette notation a été maintenue à l’issue de la revue annuelle de septembre 2026. Elle constitue un repère important pour l’accès de la BDEAC aux marchés financiers internationaux.

Une stratégie de financement diversifiée

Le même jour, la BDEAC a également signé un accord de prêt de 30 millions d’euros avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). La concomitance de ces deux opérations illustre la volonté de l’institution de diversifier ses sources de financement afin d’accroître sa capacité d’intervention dans les économies de la sous-région.

Pour le management de la banque, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large associant diversification des ressources, poursuite des réformes et amélioration des indicateurs financiers et opérationnels. L’ambition affichée est de faire de la BDEAC un pilier du développement durable en Afrique centrale et d’atteindre, à terme, une notation de crédit de catégorie « Investment Grade ».

Au-delà du montant levé, cette première émission obligataire internationale représente ainsi une étape dans la construction d’un accès durable aux marchés de capitaux. Sa portée dépendra désormais de la capacité de la banque à mobiliser régulièrement des ressources à des conditions soutenables et à les convertir en financements effectifs pour les économies de la Cemac.

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