Gouvernance, diversification économique, entrepreneuriat et recettes publiques figurent parmi les priorités fixées par le chef de l’État gabonais lors du premier Conseil des ministres de l’équipe réaménagée, le 11 octobre 2026.
Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, entend accélérer l’action gouvernementale. Réuni à Libreville le 15 octobre dernier, soit quatre jours après le réaménagement du gouvernement, le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe a permis de fixer le cap et d’exiger des résultats concrets sur les fronts économique et social. Pour le chef de l’État, cette configuration ouvre « une nouvelle séquence de la Ve République ». Le maintien de certains ministres et l’arrivée de nouveaux profils constituent avant tout une responsabilité envers la nation. « Une activité n’est pas un résultat, et un texte non appliqué n’est pas une réforme », a-t-il rappelé.
Alors que se prépare le projet de loi de finances 2027, les nouveaux ministres doivent rapidement s’approprier les dossiers de leurs prédécesseurs et inscrire leur action dans le Plan national de croissance et de développement (Pncd). La continuité de l’État, la cohérence des politiques publiques et la probité dans la gestion sont également exigées.
Sur le plan économique, la diversification demeure centrale. Oligui Nguema a réaffirmé que la transformation locale des ressources naturelles n’est pas une option, chargeant les ministres concernés de mobiliser les opérateurs et partenaires industriels. L’objectif est d’accroître la valeur ajoutée nationale, de soutenir l’industrialisation et de créer des emplois. Le chef de l’État entend également renforcer l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes. « L’État ne peut plus demeurer la variable d’ajustement du marché du travail », a-t-il souligné, plaidant pour un accompagnement public favorisant la création et le développement d’entreprises.
Électricité, recettes et infrastructures en ligne de mire
L’approvisionnement en eau et en électricité figure parmi les urgences. Le président a demandé d’accélérer la réforme de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg), avec une séparation des activités de production, de transport, de distribution et de commercialisation.
La mobilisation des recettes publiques constitue un autre levier. La dématérialisation de leur collecte doit accroître les marges de manœuvre budgétaires de l’État. Le président a également déploré la lenteur de la décentralisation et les difficultés persistantes des collectivités locales.
La santé, les infrastructures de transport et numériques, le logement, l’employabilité des jeunes et la justice sociale complètent cette feuille de route. Le renforcement des structures sanitaires devra notamment privilégier la santé maternelle et infantile ainsi que la prise en charge des cancers.
Enfin, Oligui Nguema a appelé à moderniser la gouvernance, à traduire dans les textes les attentes du Dialogue national inclusif d’avril 2024 et à moraliser la vie publique. La révision du fichier électoral et la responsabilisation des citoyens dans la participation au vote figurent également parmi les chantiers annoncés. Le gouvernement est désormais attendu sur l’application effective de ces orientations, le chef de l’État exigeant « des réponses et des actions rapides ».