Gabon Digital Week : L’Afrique veut passer des stratégies aux réalisations

À Libreville, du 26 au 30 octobre 2026, les acteurs du numérique africain ont plaidé pour des investissements renforcés, une meilleure gouvernance des données et une position commune avant la conférence de l’UIT à Doha.

Transformer les ambitions numériques en résultats tangibles. C’est le principal message de la première Gabon Digital Week. Le 29 octobre, à l’ouverture de la session ministérielle du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les TIC (CTS-CICT), ministres et experts ont appelé à accélérer les engagements continentaux et à avancer vers un marché numérique africain unique.

Pour la commissaire de l’UA aux Infrastructures et à l’Énergie, Lerato D. Mataboge, les infrastructures numériques sont aussi stratégiques que les routes, les ports ou l’électricité. « L’Afrique ne peut pas se permettre d’aborder la révolution numérique en simple spectatrice », a-t-elle déclaré. Elle a plaidé pour des investissements dans la fibre optique transfrontalière, les centres de données régionaux, le cloud et la connectivité du dernier kilomètre, afin que le continent pèse dans les règles du secteur et capte davantage de valeur.

Le financement, nerf de la transformation

Les échanges ont mis en avant la gouvernance des données, l’identité numérique, la cybersécurité, l’interopérabilité et une intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines. Ces chantiers doivent faciliter les transactions transfrontalières et les paiements électroniques, tout en renforçant la confiance dans les services numériques.

« L’Afrique ne souffre pas d’un manque de stratégies numériques […] Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’un financement durable, d’institutions plus fortes et de la détermination nécessaire pour mettre en œuvre nos engagements », a insisté Lerato Mataboge. L’UA préconise des financements dédiés aux infrastructures, à l’innovation et aux compétences, ainsi que des partenariats public-privé.

Le ministre ghanéen chargé de la Communication et du Numérique, Samuel Nartey George, dont le pays prend la présidence du CTS-CICT pour deux ans, a appelé à juger les politiques à leurs résultats plutôt qu’aux déclarations. Il a invité les États à négocier comme un marché de près de 1,5 milliard d’habitants, et non comme 55 marchés distincts.

Une voix commune à Doha

La rencontre a rapproché les positions africaines avant la Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (PP-26), prévue en novembre à Doha. Le processus « Road to Doha » porte sur la connectivité, l’intelligence artificielle, la régulation des plateformes et l’internet satellitaire. La Déclaration de Libreville, soumise à l’examen ministériel, doit formaliser cette démarche commune.

Au Gabon, le rapport de la GSMA présenté durant la semaine souligne que, malgré une couverture 4G de 95 % de la population, l’usage de l’internet mobile reste freiné par le coût des smartphones et des services. Des réformes pourraient faire progresser le nombre d’abonnés uniques de 1,06 million en 2026 à 1,48 million en 2031. La transformation numérique se mesurera aussi à l’accès effectif des populations et des entreprises aux services.

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