Développement durable : Comment sanctionner la dictature climatique de Donald Trump

Au moment où se tient la conférence de Belém au Brésil sur les changements climatiques, j’ai tenu à faire cette tribune pour dénoncer la dictature économique, sociale et politique que le président des Etats-Unis impose au monde entier depuis le 20 janvier 2025, tant dans le cadre de la coopération bilatérale que multilatérale.

La conférence sur les changements climatiques, ou COP 30, qui se déroule actuellement à Belem au Brésil (du 10 au 21 novembre 2025), est marquée par l’absence des principaux dirigeants des pays pollueurs comme les Etats-Unis, deuxième émetteur de Co2 dans le monde.

Les États-Unis ne sont pas présents, Donald Trump ayant décidé de ne pas envoyer de délégation à ce sommet annuel. Même étant absent, son influence risque de se faire sentir, car selon nos confrères de CNN, le pays de Trump a « le pouvoir de faire échouer un accord ». Le média américain relève que les brusques changements de politique à Washington qui privilégie désormais les énergies fossiles aux dépens des renouvelables, ont en effet réduit les incitations pour les autres pays à soumettre des « plans ambitieux » de réduction des émissions. Ainsi, seulement une soixantaine de pays ont finalement remis leurs plans de réduction à l’ONU dans les délais impartis et les mesures qu’ils proposent, sont « loin d’atteindre » les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Ces plans étaient censés être présentés par la quasi-totalité des pays du monde en février 2025.

Plus grave encore, les nouveaux engagements climatiques pris par les Etats à l’occasion de la COP 30, devraient permettre de réduire les émissions mondiales d’environ 10% à 15% d’ici à 2035, comparé à 2019, alors qu’il faudrait les abaisser de 60% pour être alignés avec l’objectif de 1,5 °C. A cette allure, la planète se dirige vers un réchauffement de 2,3 °C à 2,5 °C d’ici 2100 si ces plans sont mis en œuvre intégralement, et de 2,8 °C avec la poursuite des politiques actuelles », indique le média.
Energie et climat.

La plus grande partie de la fourniture d’énergie primaire est assurée par des combustibles fossiles. La demande croissante d’énergie se traduit par une hausse constante de la teneur en CO2 dans l’atmosphère et ce CO2, ainsi émis, est un gaz à effet de serre qui représente la principale cause de réchauffement climatique. Le pétrole couvre 32,2% des besoins en énergie de la planète. La production d’un gisement de pétrole s’effectue par des puits forés depuis la terre (onshore) ou la mer (offshore). Mais il existe aussi le pétrole de schiste dont la production repose sur la fracturation hydraulique des formations rocheuses. Comme tous les combustibles fossiles, le pétrole de schiste contribue aux émissions de gaz à effet de serre, principalement du dioxyde de carbone et du méthane. Le méthane est particulièrement préoccupant, car il est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le sur le court terme. Le processus d’extraction du pétrole de schiste, notamment la fracturation hydraulique, peut provoquer des fuites de méthane. Et selon les experts, le méthane a un potentiel de réchauffement global beaucoup plus élevé que sur les 20 premières années où il est libéré dans l’atmosphère.

Selon le dernier rapport de Global Carbon Budget (GCP) publié le 13 novembre courant, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) d’origine fossile devraient augmenter de 1,1% cette année pour atteindre 38,1 milliards de tonnes. Ces émissions sont relativement stables en Europe et en Chine par rapport à 2024, mais celles des États-Unis augmentent significativement. En plus, presque tous les pays, sauf les USA, se sont engagés dans la production des énergies renouvelables à grande échelle. La Chine par exemple a connecté à son réseau 212 GW de nouvelles capacités photovoltaïques entre janvier et août 2025, soit plus de la capacité solaire des Etats-Unis (178 GW).

Le cas du Cameroun

Le changement climatique affecte sérieusement l’Afrique, qui peine déjà à survivre du fait de la mauvaise gouvernance économique mondiale. Au Cameroun par exemple, une étude de l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) publiée à l’occasion de la COP 30, indique qu’entre 1980 et 2022, les chocs climatiques ont infligé à l’agriculture camerounaise des pertes estimées à 6 710 milliards de Fcfa, soit plus de 24 % du PIB national. Cette facture colossale illustre la vulnérabilité d’un secteur agricole encore largement dépendant de la pluie et des saisons, et met en lumière les défis auxquels le pays doit faire face pour garantir sa sécurité alimentaire. Les aléas climatiques, notamment les sécheresses et les inondations, devraient s’intensifier en fréquence et en gravité d’ici 2100, si des mesures drastiques communes ne sont prises pour arrêter le massacre. Cet exemple est presque similaire dans le continent. Mais que ce soit clair, l’Afrique ne doit plus sacrifier son développement pour le bien des Etats-Unis qui ne veulent pas réduire le train de vie de ses citoyens.

Le cas des Etats-Unis

Les États-Unis sont le premier producteur mondial de pétrole avec environ 13,65 millions de barils de production actuelle par jour. L’exploitation du pétrole de schiste a débuté vers 2011 et a permis au pays de devenir exportateur. La production de pétrole de schiste aux USA était de 146 milliards de m³ en 2007 et est passée à 3073,3 milliards de m³ en 2023. Ce type de pétrole représentait déjà plus de la moitié de la production américaine de pétrole et de condensats en 2014. Or, avant le début de l’exploitation à grande échelle, les Etats-Unis dépendaient pratiquement des importations du pétrole. C’est l’époque où ils avaient inventé des armes de destruction massive en Irak pour tuer Saddam Hussein, voté des résolutions à l’ONU pour assassiner Kadhafi le guide Libyen, ou encore créer la partition du grand Soudan pour mettre la main partout sur le pétrole. Aujourd’hui, les États-Unis n’ont quasiment plus besoin d’importer de gaz naturel, ils en exportent d’ailleurs massivement à bas coût vers l’Europe et sa production de charbon est devenue excédentaire. Le pays de Trump est aussi le deuxième consommateur mondial d’énergie après la Chine. Sa politique énergétique fait l’objet d’une attention particulière, compte tenu de l’impact global qu’elle peut avoir sur les marchés et les équilibres environnementaux.
Les raisons climatosceptiques de Trump

« La plus grosse escroquerie jamais organisée aux dépens du monde. » Voilà comment Donald Trump a qualifié le changement climatique devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025. Le président américain est bien déterminé que jamais à nier l’existence du réchauffement climatique, malgré ses effets sur son propre pays qui subit chaque année des inondations, des cyclones, des sècheresses et autres maux à grande échelle. Cette attitude de Trump s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs républicains. Il est en parfait harmonie avec son slogan « American first ». Tout pour eux rien pour les autres. Son pays a conquis son indépendance énergétique ces dernières années grâce au pétrole de schiste et il dispose encore d’importantes réserves tant en pétrole qu’en gaz. De ce fait il ne veut pas adhérer au processus de réduction de gaz à effet de serre qui doit l’obliger à réduire le train de vie princier des Américains. Un chef d’Etat d’une puissance de ce calibre qui se moque des conclusions des scientifiques et autres experts qualifiés dans leur domaine de compétence, étale au grand jour son faible niveau de connaissance de la nature.

Mise en quarantaine des Etats-Unis

Les conférences sur les changements climatiques instaurées depuis 1995, sont organisées par l’Organisation des Nations unies (ONU) pour tabler sur les solutions partagées afin de juguler ce fléau qui menace l’humanité. Dès son retour le 20 janvier dernier à la Maison Blanche, le président Donald Trump a signé des décrets présidentiels pour retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce retrait de l’accord climat sera effectif le 26 janvier 2026. Outre la sortie des Etats-Unis du climat et de l’OMS, le pays est également parti de l’Unesco et autres. Trump choisit de sortir des organismes onusiens où son pays ne profite pas beaucoup, car son pays bloque les réformes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) depuis plusieurs années parce qu’il va y perdre son influence en cas d’adoption. Comment comprendre que le président de la plus grande puissance, deuxième pollueur de la planète, puisse continuer à narguer les autres membres de l’ONU, la plus grande organisation multilatérale où chaque pays a en principe une voix. Ce pays est de surcroit membre du Conseil de sécurité de l’ONU et devrait prêcher par le respect des textes communautaires.

Pour sauver le multilatéralisme en déclin dangereusement depuis la deuxième accession de Donald Trump au pouvoir, il est temps que l’ONU se saisisse de ce problème en votant une résolution pour sanctionner les Etats-Unis, le suspendre de toutes les assises de l’ONU jusqu’à ce qu’ils se conforment aux textes. Les assemblées de l’ONU et des organismes annexes ne doivent plus se tenir aux USA. Si l’adhésion aux organismes de l’ONU est facultative comme laisse penser les Etats-Unis, les pays africains gagneraient à mutualiser leurs forces au sein des organismes africains.

Par peur des représailles, il est impossible d’obtenir actuellement à l’ONU une résolution pour sanctionner le pays de Trump contre sa dictature qui nuit à l’équilibre mondial. Mais pour nous Africains, et Camerounais en particulier, nous avons déjà subi toutes les formes de dictatures humaines au point de nous remettre désormais à la sanction divine. Car nous irons tous à deux mètres sous-sol.

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