Elles sont contenues dans un mémorandum de recommandations remis au ministère de la Réforme des Institutions à l’issue de la première « Conférence nationale sur la conformité, l’intégrité et la sécurité financière ».
La capitale gabonaise, Libreville, a abrité le 28 novembre 2025, la première édition de la « Conférence nationale sur la conformité, l’intégrité et la sécurité financière », un rendez-vous jugé stratégique pour le renforcement de la bonne gouvernance et la lutte contre la fraude financière. Placé sous le haut parrainage du ministère gabonais de la Réforme des Institutions, l’événement a réuni des experts, des responsables publics et des représentants de la société civile, tous appelés à impulser un nouvel élan de transparence dans la conduite des affaires publiques.
À l’issue des travaux, le cabinet organisateur, RN Consulting, a remis un mémorandum de recommandations au ministre parrain, François Ndong Obiang. Ce document, fruit des échanges entre intervenants, formule un ensemble de propositions concrètes destinées à accompagner les réformes institutionnelles déjà engagées.
Parmi les principales recommandations, figurent tout d’abord le renforcement des mécanismes de contrôle interne au sein des administrations et institutions publiques, via l’adoption d’outils d’audit plus performants et des dispositifs de supervision efficaces. L’objectif ici est de déceler systématiquement les pratiques suspectes, les irrégularités ou les détournements potentiels. L’autre recommandation est l’instauration d’une culture d’intégrité et d’éthique au sein des structures publiques, s’appuyant sur une formation continue des agents et sur des sanctions dissuasives face aux manquements. Enfin, les participants ont également préconisé l’adoption de normes de conformité alignées sur les standards internationaux, gage d’un système financier crédible, transparent et conforme aux exigences de la communauté internationale.
Le ministre de la Réforme des Institutions François Ndong Obiang, a insisté sur la dimension politique de ces recommandations. S’après le membre du gouvernement, pour que la reconstruction institutionnelle en cours réussisse, il faut bâtir « un État responsable, crédible et respecté (…) Seules des institutions transparentes et bien contrôlées pourront restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux ».
Rappelons que le mémorandum remis au gouvernement esquisse aussi des actions opérationnelles et mesurables. A cet effet, il préconise notamment la mise en place : d’un système national d’audit et de suivi des transactions publiques, pour prévenir le blanchiment de capitaux, la corruption ou les détournements ; d’un cadre législatif et réglementaire renforcé, définissant clairement les obligations des responsables publics, les mécanismes de déclaration des conflits d’intérêts, ainsi que les sanctions en cas d’infraction ; d’un dispositif de transparence financière — incluant la publication régulière de rapports, l’obligation de reddition de comptes et l’ouverture des données publiques.
Toutes ces mesures visent à aligner le Gabon sur les meilleures pratiques internationales en matière de conformité et de sécurité financière, un impératif dans un contexte de défis croissants sur les flux financiers, la gouvernance et la confiance des partenaires.