Ressources halieutiques : Une enquête dévoile les chiffres clés de la pêche artisanale crevettière

Présentés le 2 décembre 2025 à Yaoundé à l’initiative de la FAO et du Minepia, ils visent à structurer cette filière et à renforcer la compétitivité du Cameroun dans ce domaine.

Les résultats de l’enquête dévoilés le l2 décembre 2025 à Yaoundé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et  le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) offrent une base solide pour structurer la filière crevettière et renforcer la compétitivité du Cameroun. L’étude révèle une production annuelle de 6 000 tonnes de crevettes, évaluée à 30 milliards de Fcfa. Réalisée dans le cadre du projet Fish4ACP, elle a été menée du 15 au 31 mai 2024 et constitue une étape majeure pour la durabilité d’un secteur qui représente le principal produit halieutique d’exportation du pays.

Financée par l’Union européenne et le BMZ, l’enquête a couvert 154 campements le long de la côte. Elle fournit des données inédites sur les acteurs, les engins utilisés, les volumes de capture et les pratiques post-capture, permettant d’orienter les politiques publiques et les investissements.

Un secteur stratégique pour l’économie bleue

Le département du Ndian apparaît comme l’épicentre de la production, concentrant 49 des 77 campements pratiquant la pêche crevettière et près de 70 % des engins recensés. Au total, 11 174 acteurs ont été identifiés, utilisant 22 922 engins, dominés par les filets mousgoums et maillants. Les espèces les plus capturées sont les gambas et les écrevisses, le mousgoum se révélant le plus performant.

Les captures fluctuent selon les saisons : faibles de décembre à avril, moyennes en mai-juin et en novembre, maximales de juillet à octobre. Le fumage demeure la principale technique de transformation, souvent sans tri préalable, notamment dans le Ndian et le Wouri. « Ces données sont essentielles pour structurer la filière et renforcer sa compétitivité », souligne le Représentant de la FAO, Dr Antonio Querido.

Défis et opportunités

Malgré la prédominance des pêcheurs nigérians, la présence camerounaise progresse grâce aux politiques d’installation dans la péninsule de Bakassi. Le secteur fait toutefois face à plusieurs contraintes : coût élevé du carburant et des engins, manque d’infrastructures de conservation et conflits avec la pêche industrielle.

L’étude recommande de promouvoir l’entrepreneuriat, de former les jeunes aux métiers de la pêche et d’étendre les enquêtes cadres à l’ensemble des activités de pêche artisanale. Elle insiste aussi sur la nécessité de réduire les ventes non suivies vers le Nigéria en intégrant davantage les produits dans le circuit formel, notamment via la Plateforme crevettes du Cameroun (Placrecam). « Nous réaffirmons notre engagement pour une pêche durable et le renforcement des moyens de subsistance des communautés côtières », affirme Raymond Lataste de l’Union européenne.

À propos de Fish4ACP

Fish4ACP, initiative de la FAO, vise à améliorer la durabilité et la compétitivité des chaînes de valeur halieutiques dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Au Cameroun, le programme soutient la modernisation et la performance environnementale de la filière crevettes afin d’accroître les revenus des acteurs et de contribuer à la sécurité alimentaire.

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