Le partenariat scellé le 23 février dernier à Libreville entre le gouvernement gabonais, représenté par son ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune et l’ambassadrice de l’UE, vise à accroître la compétitivité du secteur forestier gabonais sur le marché international et à diversifier l’économie via de nouvelles chaînes de valeur.
La signature, le 23 février 2026, d’une feuille de route entre le Gabon et l’Union européenne (UE) marque un tournant décisif dans la gouvernance forestière du pays. Au-delà de la préservation des 88% de couverture forestière nationale, ce partenariat vise à faire de la transformation locale du bois, un moteur de développement économique, social et environnemental. L’objectif ici est double : accroître la compétitivité du secteur forestier gabonais sur le marché international et diversifier l’économie via de nouvelles chaînes de valeur.
Plus concrètement, l’accord vise trois secteurs prioritaires : le développement des produits forestiers non ligneux ; l’essor de l’écotourisme de haut standing et la monétisation des crédits carbone ; et enfin la biodiversité.
Les bases d’une industrialisation progressive de sa filière bois
Depuis l’interdiction d’exporter les grumes en 2010, le Gabon a posé les bases d’une industrialisation progressive de sa filière bois. L’enjeu aujourd’hui est d’aller plus loin : produire sur place du contreplaqué, du placage, des meubles et des éléments de construction à forte valeur ajoutée. Transformer localement signifie capter une part plus importante des revenus générés par l’exploitation forestière, au lieu de se limiter à la vente de matière première brute.
Le premier avantage est économique puisque ce processus va favoriser l’implantation d’unités industrielles, stimuler les investissements et renforcer la compétitivité du secteur sur les marchés européens et asiatiques. Le second avantage qui est social, appelle au développement des industries de sciage, de menuiserie industrielle ou de fabrication de panneaux qui vont générer des emplois qualifiés et semi-qualifiés, notamment pour les jeunes. Elles encouragent également le transfert de compétences et la montée en gamme technologique. Enfin sur le plan environnemental, la transformation locale permettra un meilleur contrôle de la traçabilité et de la légalité du bois. En articulant industrialisation et objectif de 30 % d’aires protégées d’ici 2030, le Gabon entend démontrer qu’économie verte et conservation peuvent converger.
En somme, la valorisation locale du bois s’inscrit dans une stratégie plus large incluant la monétisation des crédits carbone et la protection de la biodiversité. En maîtrisant toute la chaîne, le pays renforce sa crédibilité internationale et consolide son leadership climatique en Afrique centrale.