Gouvernance des finances publiques : La Cour des Comptes de la Cemac préoccupée par l’harmonisation des pratiques

La première présidente de cet organe juridictionnel suprême chargé du contrôle des finances communautaires l’a exprimé le 4 mars 2026, au cours d’une audience avec le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

La bonne gestion des ressources passe par l’harmonisation des pratiques de la gouvernance des finances publiques dans l’espace communautaire. Jusqu’ici, depuis l’entrée en service de la Cour des comptes de la Cemac en 2018, seuls deux pays de la sous-région en disposent : le Congo et le Tchad. Une situation qui retarde le fonctionnement de cet organe juridictionnel suprême chargé du contrôle des finances communautaires.

Cette problématique était au centre des échanges le 4 mars 2026 entre le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et la première présidente de la Cour des comptes de la Cemac, Rosario Mbasogo Kung Nsang.

Auprès du Minepat, la diplomate de la Cemac a plaidé pour l’harmonisation des pratiques de gouvernance des finances publiques entre les États membres et le renforcement de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des ressources publiques, ainsi que pour une mobilisation diligente des États membres en vue de compléter la composition statutaire de la Cour. Elle a notamment évoqué la nécessité pour le Cameroun de procéder à la désignation de son juge, rappelant que l’institution doit compter douze magistrats, à raison de deux par État membre, afin de garantir la régularité et l’efficacité de ses missions de contrôle.

Il faut dire que, pour le Cameroun, qui pour le moment dispose d’une Chambre des comptes, la concrétisation de cet ambitieux projet se heurte à la contrainte politique et à la disponibilité des moyens. La création d’une Cour des comptes est tributaire d’une modification de la Constitution, une attribution qui relève du politique. Aussi, les préalables infrastructurels et administratifs doivent être consentis.

Au cours de cette audience, le Minepat a réaffirmé l’attachement du Cameroun au bon fonctionnement des institutions communautaires et à la consolidation d’un espace sous-régional fondé sur la rigueur financière, la responsabilité partagée et la transparence, gages d’une intégration régionale durable et efficace.

Composée de 12 juges, dont 02 par pays, d’un juriste et d’un économiste nommés par la Conférence des chefs d’États, la Cour des comptes de la Cemac a pour missions d’assurer le contrôle juridictionnel des comptes des comptables de la Communauté, d’assurer la bonne gestion des ressources financières des organismes de la Communauté et d’assister le Parlement dans le contrôle des activités et politiques publiques de la Communauté.

Son organisation prévoit 01 siège tenu par 01 Premier président, 02 présidents de chambres et 07 juges, et 01 parquet général avec 01 procureur général et 01 procureur général adjoint. Le personnel technique d’appui, quant à lui, est composé de greffiers et de vérificateurs.

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