C’était à la faveur d’un atelier organisé le 10 mars 2026 à Yaoundé par le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.
Instituée par le décret n° 2025/01081/PM du 17 juin 2025, la réforme du dispositif de préparation des projets d’investissement public au Cameroun était au centre de cet atelier de sensibilisation et d’appropriation, présidé par Christian Arnault Emini, directeur général de l’Economie et de la programmation des investissements au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). D’après les explications de ce haut cadre, « l’objectif est de faire en sorte que chaque projet financé sur ressources publiques produise un impact réel, mesurable et durable sur le développement du pays ».
Selon la cellule de communication du Minepat, cette réforme intervient dans un contexte de marges budgétaires restreintes et d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Elle vise à renforcer la qualité, la pertinence stratégique et l’efficacité des projets et programmes publics afin de maximiser leur impact socioéconomique.
Le dispositif introduit plusieurs innovations : introduction du véhicule des programmes dans la structuration des investissements, catégorisation des projets-programmes, amélioration de la préparation des projets de moindre envergure, phase de présélection des projets pour mieux rationaliser les ressources, désignation obligatoire d’un chef de projet ou de programme pour renforcer la coordination, plan d’investissement des projets et programmes, approche de gestion de portefeuille, renforcement de l’évaluation climatique, cohérence des projets en PPP ou en conception-réalisation, et limitation du visa de maturité à cinq ans.
Il faut toutefois souligner que malgré ces avancées, le taux d’exécution des projets inscrits dans le Budget d’investissement public (BIP) reste faible. Le renforcement des capacités des acteurs est considéré comme clé pour améliorer la mise en œuvre.
Par ailleurs, le processus de maturation doit couvrir toutes les étapes préalables indispensables, allant de la conception à l’exécution, en passant par l’exploitation et la maintenance du projet. À ce stade, le maître d’œuvre doit fournir des études prévisionnelles attestant de la rentabilité ou de la fonctionnalité, identifier les bénéficiaires, prévoir leur formation, assurer les infrastructures connexes et garantir la disponibilité des personnels nécessaires à la bonne exploitation des investissements réalisés.