À travers des fiches pédagogiques présentées à Yaoundé le 12 mars 2026, le Comité national économique et financier (Cnef) Cameroun entend améliorer la culture financière des citoyens et mieux les protéger face aux pratiques bancaires.
Les enquêtes annuelles du Cnef Cameroun sur la tarification des services financiers révèlent un déficit de culture financière chez les clients. Les décisions sont principalement influencées par les informations orales des employés de banque (84,4%), les conseils de l’entourage (62,3%) et l’expérience personnelle (54,1%). Par ailleurs, 60,5 % des clients ouvrent un compte d’épargne sans connaître les modalités de calcul des intérêts, tandis que 68,1% ignorent les services gratuits offerts par les banques.
Face à ce constat, le Cnef a adopté en juillet 2023, une résolution visant l’élaboration de fiches pédagogiques sur trois services : l’épargne sur livret, la tarification des incidents de paiement et les obligations d’information sur les tarifs. Ces outils ont été présentés au Conseil économique et social à Yaoundé, lors d’une cérémonie présidée par Achille Bassilekin III, représentant le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.
Ces fiches ciblent les 13 millions de clients des établissements de crédit, mais aussi les jeunes de 11 à 29 ans, ainsi que les acteurs indirects comme les enseignants, journalistes et personnels bancaires. Au total, 145 supports ont été élaborés : 63 sur les incidents de paiement, 33 sur les obligations tarifaires et 49 sur l’épargne.
Pour le ministre, ces supports visent à améliorer la culture financière, à mieux faire connaître les droits et obligations des usagers et à encourager les bons réflexes face aux services bancaires. L’approche privilégie un langage simple et direct afin de rapprocher l’information des usagers.
Cette initiative s’inscrit dans la Stratégie nationale du secteur financier, dont l’éducation financière est un pilier. Elle vise à renforcer l’inclusion financière dans un contexte où 70% des populations épargnent dans les tontines, 25,8% gardent leur argent à domicile et une grande majorité ne maîtrise pas les mécanismes de calcul des intérêts.