A compter du 1er avril 2026, ces appareils ne bénéficieront plus d’une amnistie fiscale et seront désormais soumis à une déclaration via le système d’information douanier Camcis par les importateurs.
À la veille de l’opérationnalisation de la collecte des taxes et droits de douane sur les téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques prévue le 1er avril 2026, le directeur général des Douanes, Edwin Fongod Nuvaga, a présenté à la presse les enjeux du nouveau mécanisme. Faisant suite au communiqué du ministre des Finances du 25 mars 2026, il a tenu à rassurer : cette réforme, inscrite dans la loi de finances 2023, n’est « ni une taxe nouvelle, ni un relèvement de la fiscalité existante », et ne devrait pas entraîner de hausse des prix.
Le paiement des droits et taxes s’effectuera en monnaie locale par tous les moyens autorisés, y compris électroniques. Les appareils déjà connectés au réseau local sont considérés comme dédouanés et bénéficient de l’amnistie fiscale. De même, les téléphones des voyageurs en itinérance (roaming) sont exemptés. Ainsi, seuls les terminaux régulièrement dédouanés, en roaming ou couverts par l’amnistie pourront accéder au réseau local.
Sur le plan pratique, les importateurs transmettent les numéros IMEI via le manifeste électronique. Ces données sont intégrées dans le système douanier, qui identifie automatiquement les caractéristiques des appareils (marque, modèle, catégorie). Une déclaration est ensuite générée pour la liquidation des droits et taxes selon une grille prédéfinie. Après paiement, l’information est transmise aux opérateurs de téléphonie qui autorisent la connexion. Tout appareil non régularisé pourra être bloqué. Le taux de taxation est d’environ 33,33%, appliqué sur des bases ajustées selon les catégories de produits.
Cette réforme intervient dans un contexte de forte baisse des recettes douanières sur les téléphones portables, passées de 2 milliards de Fcfa par mois dans les années 2000 à 100 millions en 2025. L’administration douanière espère désormais mobiliser 25 milliards de Fcfa par an grâce à ce nouveau dispositif.