Affiliée au réseau Camccul et attendue dans ce segment de la finance depuis 2025, l’EMF va franchir une cette étape le 8 octobre prochain dans la capitale régionale du Nord.
La Mutuelle pour la promotion de l’épargne et du crédit d’investissement (Mupeci) inaugure le jeudi 8 octobre 2026 son Hub Mupeci Garoua, dans la région du Nord. L’établissement de microfinance procède également le même jour au lancement de ses produits de finance islamique. Cette double étape marque l’entrée de l’Établissement de microfinance (EMF) sur un segment de marché que plusieurs banques et EMF du Cameroun ont ouvert avant elle.
Sa mission consiste à atteindre les personnes exclues du système bancaire classique. Les crédits vont en priorité à l’agropastoral, au petit commerce, au transport, à la pêche, à l’artisanat et aux petites et moyennes entreprises. L’offre comprend la collecte de l’épargne, les bons de caisse, les dépôts à terme, l’octroi de crédits et les transferts d’argent au Cameroun et à l’étranger.
Un cadre fixé par la Cemac en 2022
L’activité de finance islamique est encadrée par un règlement adopté en 2022 par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale. Un établissement peut l’exercer à titre exclusif ou à titre partiel. Dans les deux cas, il doit obtenir l’agrément de l’autorité monétaire nationale, après avis conforme de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac). Les établissements qui exercent à titre partiel doivent créer une structure dédiée, appelée fenêtre islamique.
Afriland First Bank, CBC et Crédit du Sahel ont déjà ouvert une telle fenêtre. En 2025, Cameroon Tribune classait Mupeci parmi les établissements en attente d’agrément. À la même période, Zéphyrin Blaise Tchoupou, directeur général de l’EMF, annonçait, lors des troisièmes Journées communautaires de la finance islamique à Yaoundé, l’ouverture d’un guichet dans les mois suivants. Le lancement de ce 8 octobre donne donc suite à cette annonce.
Des principes communs à tous les acteurs
La finance islamique interdit l’intérêt, appelé riba, ainsi que l’incertitude excessive et les jeux de hasard. Chaque opération repose sur un actif réel, et le partage des profits et des pertes lie l’établissement à son client. Au Cameroun, les contrats en usage comprennent la mourabaha, l’ijara et la moucharaka. Les organisateurs des journées de 2025 désignaient la promotion et la sensibilisation comme le principal frein au développement de ce mode de financement.
Rappelons que la ville de Garoua, la capitale de la région du Nord est un important centre de commerce du Cameroun. La localité abrite le Lamidat et la Grande Mosquée, et son aéroport la relie à Douala et à Yaoundé, les deux plus grandes métropoles du pays. Le choix de Garoua s’impose comme une évidence stratégique et culturelle. « L’ouverture de notre fenêtre islamique, autorisée par la Cobac, le 15 juillet 2026, répond à une demande locale croissante d’alternatives excluant l’intérêt (riba), une offre structurée avec nos deux partenaires techniques, les cabinets AIFC et EIBC. Lancer cette offre majeure à Garoua permet de servir au plus près les acteurs économiques du Grand Nord : agriculteurs, éleveurs, commerçants. Adossée à des actifs réels, elle se positionne comme un véritable accélérateur de la croissance régionale », fait savoir l’EMF.
La Mupeci compte désormais quatre Hub opérationnels, stratégiquement positionnés dans les grands pôles économiques : Garoua, Douala Bessengué, Douala Nkolbong et Yaoundé Mokolo.