Selon le dernier Rapport de l’Inege dans ce secteur, le fer, l’acier et leurs dérivés arrivent en tête des produits achetés à l’étranger, tandis que la Chine, les États-Unis et l’Espagne figurent parmi les principaux fournisseurs.
Le développement des infrastructures en Guinée équatoriale continue de peser fortement sur la demande extérieure du pays. C’est ce que révèle le rapport « Panorama des importations de matériaux de construction en Guinée équatoriale, 2017-2024 », que vient de publier l’Institut national de statistique de Guinée équatoriale (Inege). L’étude permet de mesurer l’évolution des achats de matériaux destinés notamment au secteur de la construction et d’identifier les principaux produits et marchés qui approvisionnent le pays.
Sur la période étudiée, les importations de matériaux de construction ont atteint une valeur cumulée de 681,5 milliards de Fcfa, soit 11,5% de l’ensemble des importations de biens réalisées par la Guinée équatoriale. Un poids qui traduit l’importance du secteur de la construction dans l’économie nationale, notamment depuis la mise en œuvre de l’ancien Plan national de développement économique et social « Horizon 2020 », qui avait entraîné d’importants investissements dans les infrastructures.
Un bond de 77,8% en 2024
L’année 2024 marque toutefois un nouveau sommet avec les importations de matériaux de construction qui se sont établies à 122,9 milliards de Fcfa, contre 69,1 milliards en 2023. Il s’agit d’une progression spectaculaire de 77,8% en un an et du niveau le plus élevé enregistré sur l’ensemble de la période 2017-2024. Cette envolée témoigne du maintien d’une demande importante en matériaux nécessaires aux projets de construction et d’infrastructures. Elle met également en lumière la forte dépendance du pays vis-à-vis des approvisionnements extérieurs pour satisfaire les besoins du marché national.
Dans le détail, le fer, l’acier et leurs ouvrages constituent le premier poste d’importation. Ils représentent 214,3 milliards de Fcfa, soit 31,4% du total cumulé. Viennent ensuite les matériaux électriques destinés à la construction, pour 110,1 milliards de Fcfa, puis les produits en plastique et en caoutchouc, avec 79,3 milliards.
A côté, certains produits concentrent une part particulièrement importante de la facture. Les vis, boulons, goupilles, rondelles et articles similaires totalisent ainsi 52,4 milliards de Fcfa, devant les articles de robinetterie pour tuyaux, à 48,8 milliards, et les ciments hydrauliques, à 42,7 milliards.
Une facture largement tournée vers l’étranger
La structure géographique des importations confirme par ailleurs la place centrale des fournisseurs étrangers. L’Europe arrive en tête avec 245,4 milliards de Fcfa, soit 36% des achats. Elle est suivie de l’Asie, avec 223,5 milliards (32,8%), et de l’Amérique, qui représente 133,6 milliards (19,6%). Au niveau des pays, la Chine domine avec 26,9% des importations, devant les États-Unis (18,2%), l’Espagne (11,5%), le Royaume-Uni (9,3 %) et la Turquie (7,5 %). Les dix premiers fournisseurs concentrent ainsi 84,9% des importations, sur un total de 108 pays partenaires.
Au-delà des chiffres, le rapport de l’Inege met en évidence un double enjeu pour la Guinée équatoriale. D’un côté, l’importance des importations traduit la dynamique persistante des investissements dans les infrastructures. De l’autre, elle souligne les marges de manœuvre dont dispose le pays pour développer progressivement une offre locale de matériaux de construction, réduire sa dépendance extérieure et capter davantage de valeur ajoutée.
Par ailleurs, dans un contexte de diversification économique, la transformation d’une partie de cette demande extérieure en opportunités industrielles locales pourrait ainsi constituer un levier supplémentaire de création d’emplois, de développement du secteur privé et de réduction de la facture d’importation.