Lutte contre la vie chère: Le Gabon opérationnalise sa Centrale d’achat

Lancée le 11 avril 2026 par le ministre en charge de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, cette structure publique va encadrer les prix des produits importés et sécuriser l’approvisionnement entre autres.

Présentée comme un nouvel instrument de lutte contre la vie chère, la Centrale d’achat du Gabon (Ceag) est désormais opérationnelle. Lancée le 11 avril 2026 par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette, chargé de la Lutte contre la Vie chère, Thierry Minko, en présence du Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, cette structure publique vise notamment à encadrer les prix des produits importés, améliorer la transparence du marché et renforcer l’accès des populations aux biens de première nécessité.

Pensée comme un outil de régulation, la Ceag aura pour mission principale de négocier directement l’achat de certains produits stratégiques, d’en contrôler la qualité et d’en suivre les coûts tout au long de la chaîne d’approvisionnement. « Un suivi sera également assuré au niveau du cordon douanier, afin de garantir qu’au final, le consommateur gabonais bénéficie de prix justes et accessibles », a indiqué le ministre Thiery Minko. L’objectif affiché est de limiter les marges excessives, souvent pointées du doigt dans un contexte marqué par la hausse des prix des denrées importées.

Au-delà du contrôle administratif, la centrale d’achat introduit un mécanisme participatif associant les consommateurs. Son système d’alerte devra alors contribuer à renforcer la surveillance du marché et à lutter contre les pratiques spéculatives. A cet effet, a encore souligné le ministre en charge de la Lutte contre la Vie chère, « les citoyens pourront signaler tout écart de prix via une plateforme dédiée. Il suffira de prendre une photo du produit concerné et de vérifier son prix sur le site officiel. Si une anomalie est constatée, elle pourra être signalée afin que les services compétents interviennent ».

La Ceag s’inscrit également dans une stratégie plus large de sécurisation de l’approvisionnement. Car en mutualisant les achats et en négociant des volumes importants, l’État espère réduire les coûts logistiques et amortir l’impact des fluctuations internationales, notamment sur les produits alimentaires, pharmaceutiques ou de grande consommation. Ce modèle, déjà expérimenté dans plusieurs pays africains, vise à améliorer la disponibilité des produits tout en stabilisant les prix.

Sur le plan économique, la centrale d’achat pourrait contribuer à structurer davantage les circuits de distribution. En renforçant la traçabilité des importations, elle devrait réduire le poids de l’informel et améliorer la collecte des recettes fiscales. Les autorités misent également sur la promotion des produits locaux, la Ceag devant intégrer progressivement des fournisseurs nationaux dans son portefeuille, afin de soutenir la production gabonaise et réduire la dépendance aux importations.

Dans un contexte marqué par les tensions inflationnistes et la sensibilité du pouvoir d’achat, la mise en service de cette superstructure traduit la volonté du gouvernement de reprendre la main sur la formation des prix. Si son efficacité dépendra de sa capacité opérationnelle et de la coordination avec les acteurs privés, la centrale d’achat apparaît déjà comme un levier majeur pour contenir la vie chère et renforcer la régulation du marché gabonais.

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