Electricité : Accélérer les investissements pour combler le déficit énergétique africain

Réunis les 8 et 9 avril 2026 à Libreville, au Gabon, dans le cadre de la 10e édition de l’Africa energy market place, les décideurs publics, bailleurs de fonds et investisseurs privés ont dressé un état des lieux du secteur énergétique africain, avant de formuler des recommandations pour accélérer l’accès à l’électricité sur le continent.

A l’initiative de la Banque africaine de développement (BAD), les acteurs du secteur de l’énergie se sont retrouvés du 8 au 9 avril 2026 à Libreville, au Gabon, dans le cadre de la 10e édition de l’Africa energy market place (Aemp). Cette rencontre a permis de rapprocher gouvernements et partenaires financiers, afin de transformer les projets énergétiques en investissements concrets, dans un contexte où plus de 500 millions d’Africains restent encore privés d’électricité.

Lors des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité d’accélérer le développement des capacités de production. L’Afrique disposant en effet d’un important potentiel hydroélectrique, solaire, éolien et gazier, mais celui-ci reste encore sous-exploité. Les recommandations issues des travaux appellent ainsi à la mise en œuvre de projets structurants capables d’augmenter rapidement l’offre énergétique, tout en privilégiant un mix diversifié pour réduire la dépendance aux sources uniques et améliorer la résilience des systèmes électriques.

Toujours au cours cette rencontre, les experts ont également plaidé pour le renforcement des infrastructures de transport et de distribution. Car dans de nombreux pays, les pertes techniques et commerciales réduisent significativement l’électricité disponible. La modernisation des réseaux, l’extension des lignes haute tension et la digitalisation des systèmes de gestion figurent parmi les priorités identifiées pour améliorer l’efficacité énergétique et sécuriser l’approvisionnement.

L’autre recommandation majeure porte sur l’accélération de l’intégration énergétique régionale. A ce niveau, les participants ont souligné l’importance des pools énergétiques africains et des interconnexions transfrontalières pour mutualiser les ressources, optimiser les coûts et stabiliser les réseaux. Une meilleure interconnexion permettrait notamment aux pays disposant d’excédents de production de fournir ceux confrontés à des déficits, tout en favorisant l’émergence d’un véritable marché continental de l’électricité.

Enfin, la 10e édition de l’Aemp a également mis l’accent sur le rôle des énergies renouvelables décentralisées. Le développement de mini-réseaux solaires, de solutions hors réseau et de systèmes hybrides apparaît comme une réponse adaptée aux zones rurales et isolées. Cette approche doit contribuer à accélérer l’électrification tout en limitant les investissements lourds dans des infrastructures centralisées parfois difficiles à rentabiliser.

A côté, le financement du secteur énergétique a constitué un autre point central des discussions. Les participants ont à cet effet recommandé de renforcer les partenariats public-privé, d’améliorer les cadres réglementaires et de réduire les risques pour attirer davantage d’investissements. Les besoins du continent étant estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an pour atteindre les objectifs d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030.

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