Développement portuaire : Le PAD et Société Terre-Port S.A. scellent une alliance historique pour le Quai Boscam

Signé le 10 avril 2026 à Douala entre les principaux responsables de ces deux entreprises, ce partenariat vise la réhabilitation et la modernisation complètes du Terminal régional au sein du Port de Douala-Bonabéri.

Le paysage portuaire d’Afrique centrale a franchi une étape décisive. Vendredi 10 avril 2026, une signature de convention a marqué les esprits au siège du Port autonome de Douala (PAD). L’autorité portuaire et le consortium Douala Terre-Port ont officiellement conclu un partenariat public-privé (PPP) d’envergure pour la réhabilitation complète et la modernisation du Terminal régional, plus connu sous l’appellation de « Quai Boscam ».

Cet accord, plus qu’une simple rénovation, s’annonce comme une transformation structurelle profonde destinée à redéfinir les standards de performance du Port de Douala-Bonaberi.

Un investissement massif pour une infrastructure de pointe

Le projet repose sur un montage financier robuste et une vision à long terme. L’enveloppe globale s’articule autour d’un investissement initial estimé à 89,65 milliards de Fcfa. Ce montant pourra être complété par des investissements optionnels s’élevant à 36,683 milliards de Fcfa, portant l’engagement potentiel total au-delà de 126 milliards de Fcfa.

Concrètement, les travaux prévoient une métamorphose du site actuel. Le projet phare est la création d’une plateforme logistique de 20 hectares. Dans sa phase optionnelle, le contrat prévoit également l’extension du linéaire de quai avec la construction de 700 mètres supplémentaires, permettant d’accroître significativement la capacité d’accueil des navires et la fluidité des échanges régionaux.

Une vision stratégique : “win-win” et durabilité

Lors de la cérémonie de signature, Danny Khoury, PDG de Khoury Contracting Company, a salué le leadership de Cyrus Ngo’o, directeur général du PAD. Selon lui, cette alliance est « la preuve éclatante de l’efficacité des partenariats gagnant-gagnant ». Au-delà du béton et de l’acier, le projet intègre une dimension de développement durable, visant à faire du Terminal régional une référence écologique et technologique.

Le contrat de concession, d’une durée de 30 ans, a été conçu pour garantir une stabilité économique aux deux parties. Avec un taux de rendement interne (TRI) projeté à 12,20%, l’opération s’annonce rentable pour les investisseurs tout en assurant des revenus pérennes pour l’État camerounais via le PAD.

Un catalyseur pour l’économie locale et régionale

L’impact de ce chantier ne se mesurera pas uniquement en tonnes de marchandises traitées. Sur le plan social, le projet est présenté comme un moteur de croissance, avec la création attendue de 500 emplois directs et indirects. Cette injection de capital humain devrait dynamiser le bassin d’emploi de Douala et renforcer l’expertise locale dans les métiers portuaires de haute technicité.

En modernisant le Quai Boscam, le PAD poursuit sa stratégie de reconquête de compétitivité. Face à la concurrence croissante des autres places portuaires du golfe de Guinée, Douala mise sur la modernisation de son outil industriel pour consolider son rôle de porte d’entrée vers l’hinterland, notamment le Tchad et la Centrafrique.

Avec ce partenariat, le Port de Douala-Bonaberi réaffirme son ambition : devenir un hub moderne, efficace et compétitif. La réhabilitation du Terminal régional par Douala Terre-Port marque ainsi le début d’une nouvelle phase, où l’innovation technologique et l’expertise du secteur privé se mettent au service de l’ambition portuaire nationale.

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