Créé en Conseil des ministres le 30 avril 2026, cet organe examinera, avec effet suspensif, tout projet d’emprunt ainsi que les opérations de restructuration et de garantie.
Réuni le 30 avril 2026 à Libreville, le Conseil des ministres a acté une réforme structurante de la gouvernance économique avec la création du Comité national de la dette publique (Cndp). Cette décision intervient dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé et des incertitudes sur la soutenabilité budgétaire, que les autorités entendent désormais maîtriser avec davantage de rigueur.
Organe national de coordination, d’orientation, de conseil et de contrôle de la politique d’endettement, le Cndp est en effet placé sous l’autorité du ministre en charge de la Dette publique. Il aura pour mission d’examiner, avec effet suspensif, tout projet d’emprunt intérieur ou extérieur, ainsi que les opérations de restructuration, de renégociation ou de garantie. Une centralisation des décisions qui vise à renforcer la cohérence et la transparence dans la gestion de la dette.
Structuré autour de trois entités – un Comité de coordination, un Comité technique et un Secrétariat permanent –, le dispositif entend professionnaliser davantage l’analyse des engagements financiers de l’État. Le Comité technique sera chargé d’évaluer la pertinence et les risques des opérations envisagées, tandis que le Comité de coordination assurera les arbitrages stratégiques.
Au-delà de son architecture, la création du Cndp répond également à une exigence communautaire de la Cemac, restée jusqu’ici inachevée malgré des tentatives antérieures. En le rendant pleinement opérationnel, les autorités gabonaises affichent leur volonté de se conformer aux standards régionaux tout en se dotant d’un outil de pilotage plus efficace.
À travers cette réforme, le gouvernement entend ainsi prévenir les dérives liées à un endettement mal maîtrisé et restaurer des marges de manœuvre budgétaires. Le Cndp apparaît, de ce point de vue, comme un levier central pour asseoir une gouvernance financière plus prudente, condition essentielle à la relance économique et à la crédibilité de la signature du Gabon sur les marchés.