L’accord signé le 4 mai 2926 entre l’Etat et le groupe turc Hakan Kiran, prévoit une production de 85.000 à 90.000 tonnes de poulet par an à l’horizon de deux ans.
Avec la signature, le 4 mai 2026 à Libreville, de cinq conventions d’investissement avec des partenaires étrangers, le Gabon franchit un cap dans sa stratégie de souveraineté alimentaire. Plus qu’une simple série d’accords, ces engagements traduisent la volonté des autorités de bâtir une véritable filière avicole industrielle, capable de réduire durablement le recours aux importations.
Au cœur du dispositif, l’accord conclu avec le groupe turc Hakan Kiran constitue l’investissement le plus important. Évalué à 120 millions de dollars, soit environ 92 milliards de Fcfa, le projet prévoit la mise en place d’une ferme avicole intégrée, avec une capacité de production annuelle estimée entre 85.000 et 90.000 tonnes de poulet de chair à l’horizon de deux ans. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait profondément reconfigurer l’offre locale.
Mais la stratégie gabonaise ne repose pas uniquement sur des volumes. Elle intègre également une logique de structuration de la chaîne de valeur. À ce titre, l’accord signé avec le groupe camerounais AVI Group, à travers sa filiale AVI Gabon, apparaît comme un levier complémentaire. Doté d’un investissement d’environ 10 milliards de Fcfa, ce projet prévoit des implantations à Libreville et dans la province du Woleu-Ntem, avec un accent particulier sur la formation et la production d’intrants. L’objectif étant de développer des compétences locales et de réduire la dépendance technique du secteur.
En parallèle, trois autres conventions ont été conclues avec des investisseurs chinois, notamment autour d’un accord-cadre portant sur la mise en place de cinq infrastructures agricoles stratégiques. Cette diversification des partenariats illustre une approche pragmatique des autorités, visant à mobiliser des expertises variées pour accélérer la transformation du secteur.
L’enjeu principal derrière ces investissements vise la maîtrise des prix alimentaires. Dans un contexte de vie chère, le développement d’une production locale compétitive apparaît comme un levier clé pour stabiliser les marchés et améliorer l’accessibilité des produits de base.
Cette orientation marque également une évolution du rôle de l’État, qui privilégie désormais un modèle fondé sur les partenariats public-privé, en misant sur l’investissement privé pour impulser la dynamique productive.
Reste toutefois la question de l’exécution, dans un environnement encore marqué par des contraintes logistiques, financières et techniques. La réussite de ces projets dépendra de la capacité à structurer durablement l’écosystème agricole national.
Dans cette dynamique de protection et de stimulation de la production locale, le Gabon a récemment décidé d’interdire les importations de poulets. Une mesure forte, destinée à garantir des débouchés aux producteurs nationaux et à accompagner l’émergence d’une industrie avicole compétitive.