Selon des sources internes à l’institut d’émission, les deux institutions se sont concertées pour la mise en œuvre de cette initiative qui vise à moderniser l’architecture monétaire et de consolider la stabilité financière de la Cemac.
La Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), en concertation étroite avec le Fonds monétaire international (FMI), vient de poser les fondations d’une monnaie numérique de banque centrale (Mnbc). LFA l’a appris de sources internes au sein de l’institut d’émission sous régional. C’est une étape décisive dans la matérialisation d’une recommandation du Comité interministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac) datant de près de 5 ans.
Dans un contexte mondial marqué par l’innovation financière et la digitalisation des systèmes de paiement, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) veut ainsi, moderniser l’architecture monétaire sous-régionale et consolider sa stabilité financière. « La réflexion autour d’une monnaie numérique de banque centrale (Mnbc) s’inscrit dans une dynamique internationale où plusieurs banques centrales expérimentent ou déploient des monnaies digitales souveraines », a indiqué la Beac.
Pour la banque centrale, ce choix stratégique vise quatre objectifs principaux à savoir : le renforcer de la traçabilité et la sécurité des transactions ; la modernisation des systèmes de paiement interbancaires et transfrontaliers ; l’accroissement de l’inclusion financière, notamment dans les zones faiblement bancarisées ; ainsi que la consolidation de la souveraineté monétaire face à la prolifération des actifs numériques privés.
L’appui technique du FMI attendu
En sa qualité d’autorité monétaire commune aux six États membres de la Cemac, la Beac entend garantir une transition digitale dans le strict respect des équilibres macroéconomiques et des principes de prudence financière. L’appui technique du FMI constitue un levier déterminant dans la conception de ce projet d’envergure. « L’institution de Bretton Woods apporte son expertise en matière de cadre réglementaire et juridique, la gestion des risques opérationnels et cybernétiques, l’architecture technologique sécurisée et l’impact macroéconomique et monétaire », a déclaré la banque centrale. Selon elle, cette collaboration traduit une approche rigoureuse, graduelle et institutionnelle, visant à prévenir toute vulnérabilité systémique et à garantir la crédibilité du futur instrument numérique.
Au-delà de l’innovation technologique, la Monnaie numérique de banque centrale (Mnbc) représente un instrument stratégique de politique publique. Elle pourrait faciliter les transferts intra-communautaires, réduire les coûts des transactions, optimiser la circulation fiduciaire et améliorer la transparence des flux financiers. Toutefois, sa mise en œuvre nécessitera des consultations approfondies avec les États membres, les établissements financiers, les opérateurs de paiement et les partenaires techniques. La Beac devra également veiller à préserver l’équilibre entre innovation, stabilité financière et protection des données des usagers.
En s’engageant sur le chantier de la Mnbc, la Cemac se positionne parmi les espaces monétaires africains à la pointe de l’innovation financière. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique d’intégration régionale et de modernisation des infrastructures économiques, tout en consolidant la confiance dans le franc CFA d’Afrique centrale.