Cette décision figure parmi les principales résolutions de la rencontre entre les gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (Abca) et les responsables de la Commission de l’Union africaine (UA), tenue le 8 mai 2026 à Dakar, au Sénégal.
« L’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain (IMA) n’est plus un projet lointain. Elle est devenue un déterminant central de la marche vers l’intégration monétaire et financière. » C’est en ces termes qu’Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) et président de l’Association des banques centrales africaines (Abca), s’est exprimé lors de la première session du Bureau de l’association, le 8 mai 2026 à Dakar.
Les échanges, auxquels ont pris part les responsables de la Commission de l’Union africaine, ont porté sur le maintien du calendrier de lancement de l’IMA prévu en septembre 2026. Les statuts de cette institution ont déjà été adoptés en février 2026 à Addis-Abeba par les chefs d’État et de gouvernement de l’UA.
Cette avancée marque une étape importante dans la feuille de route d’Yvon Sana Bangui à la tête de l’Abca. Élu le 28 novembre 2025 à Yaoundé pour un mandat d’un an, il a fait de l’opérationnalisation de l’IMA une priorité. L’institut constitue en effet l’un des projets majeurs de l’agenda économique et financier de l’Union africaine.
L’IMA doit ouvrir la voie à la future Banque centrale africaine (BCA). Ses missions porteront notamment sur la convergence macroéconomique des États africains, la préparation d’une monnaie unique continentale, ainsi que le renforcement de la coopération entre les banques centrales africaines.
Au-delà de sa dimension technique, le projet traduit la volonté de l’Afrique de renforcer sa souveraineté financière, de réduire sa dépendance aux monnaies étrangères et de promouvoir une croissance inclusive et durable.
L’institut est également présenté comme un levier de coordination des politiques monétaires et macroéconomiques du continent. Les gouverneurs des banques centrales africaines souhaitent ainsi aligner leurs actions sur les objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA et accompagner la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Par ailleurs, l’IMA devra conduire des études économiques et statistiques, surveiller les critères de convergence macroéconomique et préparer la création d’une union monétaire continentale. Ce projet s’inscrit dans une architecture financière plus large comprenant notamment la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain et le système panafricain de paiement et de règlement.
À terme, ces institutions devraient contribuer à renforcer l’intégration économique du continent, améliorer la stabilité financière et protéger les économies africaines contre les chocs extérieurs et climatiques.