Cette initiative vise à simplifier les prélèvements, renforcer la transparence et améliorer le climat des affaires au Gabon.
Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé le 21 mai 2026 une réforme d’envergure de la parafiscalité, afin de mettre fin aux dysfonctionnements qui pénalisent les opérateurs économiques et réduisent les recettes publiques.
Présentée lors d’une réunion avec le vice-président du gouvernement, plusieurs membres de l’exécutif et les responsables des administrations concernées, cette réforme s’inscrit dans la stratégie de modernisation de l’État engagée par les autorités gabonaises. Selon le chef de l’État, le système actuel de prélèvements parafiscaux génère des lourdeurs administratives, des surcoûts pour les entreprises et des pertes de revenus pour le Trésor public.
Le diagnostic dressé par le gouvernement met en évidence la complexité du dispositif en vigueur, qui comprend 38 prélèvements administrés par douze structures différentes. Cette organisation entraîne des chevauchements de compétences et la multiplication des contrôles. Certaines entreprises peuvent ainsi subir jusqu’à quinze inspections par an pour les mêmes activités ou produits. Et pour les autorités, cette situation favorise l’opacité dans la collecte des recettes, accroît les charges des entreprises et affecte l’attractivité du climat des affaires, un enjeu majeur dans la diversification de l’économie nationale.
La réforme repose sur quatre axes principaux : la transparence des prélèvements, la suppression des taxes illégales, l’élimination des doublons administratifs et la mise en place d’un mécanisme unique de coordination des contrôles.
Parmi les mesures annoncées figure la centralisation de l’ensemble des recettes au Trésor public, qui deviendra l’unique collecteur des fonds. Le gouvernement entend également accélérer la digitalisation des paiements afin d’améliorer la traçabilité des encaissements et de sécuriser les recettes publiques.
Autre innovation majeure : la création d’un service unique chargé de coordonner les contrôles auprès des opérateurs économiques. L’objectif est de réduire les démarches administratives en permettant aux entreprises d’avoir un interlocuteur unique, un contrôle coordonné et une seule quittance pour l’ensemble de leurs obligations.
Le gouvernement dispose de douze mois pour présenter un état des lieux détaillé des recettes reversées à l’État et de vingt-quatre mois pour achever la mise en œuvre du nouveau dispositif. Cette réforme constitue l’un des chantiers majeurs de rationalisation de l’action publique engagés par les autorités gabonaises.