Endettement : 7689 milliards de Fcfa de nouveaux emprunts projetés par le Cameroun sur trois ans

Dans sa note de conjoncture de mars 2026 publiée le 15 mai dernier, la Caisse autonome d’amortissement, précise que ce montant sera mobilisé via des financements extérieurs et intérieurs sur ce triennat 2026-2028.

Pour le triennat 2026-2028, le besoin net de financement de l’État à couvrir par emprunt est estimé à 7 689 milliards de Fcfa, dont 3 197 milliards de Fcfa pour l’exercice budgétaire 2026, soit environ 8,8% du PIB. C’est ce que révèle la Caisse autonome d’amortissement (CAA) dans sa note de conjoncture de mars 2026, publiée le 15 mai dernier.

Selon ce document parcouru par LFA, ce besoin sera couvert à 67,3% par des financements extérieurs, contre 32,7% de financements intérieurs en 2026. En 2027, la part des financements extérieurs est projetée à 68,9%, contre 31,1% pour les financements intérieurs. En 2028, elle devrait ressortir à 64,5% contre 35,5% pour les financements intérieurs.

Le document renseigne également qu’en 2026, le plafond des prêts-projets extérieurs est fixé à 950 milliards de Fcfa, contre des engagements intérieurs limités à 1 105 milliards de Fcfa, dont 36,8% par émission de titres publics, notamment les obligations du Trésor (OT) et les obligations du Trésor assimilables (OTA). De plus, il est prévu de recourir à des obligations internationales à hauteur de 1 000 milliards de Fcfa pour le financement des projets.

Le plafond des avals à accorder par l’État au titre de la dette intérieure est maintenu à 280 milliards de Fcfa, dont 200 milliards de Fcfa pour l’année 2026. Celui des garanties à accorder au titre de l’endettement extérieur est fixé à 40 milliards de Fcfa pour 2026.

Sur la période 2026-2028, le plafond des nouveaux engagements extérieurs des entreprises et établissements publics (EEP) ainsi que des collectivités territoriales décentralisées (CTD) est fixé à 300 milliards de Fcfa, dont 100 milliards de Fcfa pour 2026. Quant aux nouveaux engagements intérieurs de ces entités publiques, le plafond est arrêté à 450 milliards de Fcfa sur le triennat, dont 150 milliards de Fcfa pour l’année 2026.

Une initiative en droite ligne de la stratégie d’endettement à moyen terme

Relativement à la Stratégie d’endettement à moyen terme (Semt) 2026-2028, annexée à la loi de Finances 2026, celle-ci vise, dans la continuité des stratégies précédentes, à satisfaire les besoins de financement de l’État au moindre coût possible, tout en honorant ses obligations de paiement. Elle ambitionne également de favoriser le développement et le bon fonctionnement des marchés primaire et secondaire des titres publics domestiques.

Les cibles fixées à fin 2028, en cohérence avec le programme de convergence multilatérale de la sous-région Cemac, portent notamment sur un ratio de dette publique et à garantie publique inférieur ou égal à 50% du PIB, avec une composition du portefeuille de dette de 75% de dette extérieure — dont 25% libellée en dollar — et 25% de dette intérieure libellée en Fcfa. À cela s’ajoute une part de dette intérieure à court terme ne devant pas dépasser 10%.

La mise en œuvre de cette stratégie devrait permettre de maintenir la dette publique du Cameroun à un niveau viable, avec un risque de surendettement jugé moyennement élevé. Toutefois, en confirmant la note souveraine du Cameroun à « B » avec perspective négative, Fitch Ratings souligne une trajectoire attendue de réduction de la dette, qui pourrait atteindre 40,2% du PIB d’ici 2027, soutenue par une croissance relativement résiliente et une meilleure maîtrise des déficits publics.

Officiellement lancé à Ngaoundéré le 26 janvier 2026, le budget de l’État pour l’exercice 2026 s’équilibre en ressources et en emplois à 8 816,4 milliards de Fcfa, en hausse de 14%, avec un accent mis sur la poursuite de l’import-substitution et la transformation structurelle de l’économie. Le budget général, principale composante de cette enveloppe, s’établit à 8 683,9 milliards de Fcfa, enregistrant une progression de 13% en glissement annuel.

Par ailleurs, les comptes d’affectation spéciale (CAS) affichent une hausse significative de 98,1%, passant de 66,9 milliards de Fcfa en 2025 à 132,5 milliards de Fcfa en 2026.

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