Elles se sont mobilisées lors de la 5ᵉ édition de la Grande Rencontre d’échanges et de networking organisée par le Minpmeesa au siège de la Chambre de commerce à Douala, afin de promouvoir leur savoir-faire et de définir des mécanismes d’expansion de leurs activités.
Le marché de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) séduit à plus d’un titre. Représentant plus d’un milliard de consommateurs, selon les statistiques officielles, cet espace commercial attire les entrepreneurs africains. Au Cameroun, des femmes engagées dans l’entrepreneuriat se mobilisent autour du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) pour concrétiser leur ambition de conquérir ce marché à fort potentiel.
La 5ᵉ édition de la Grande Rencontre d’échanges et de networking des femmes entrepreneures, organisée par le Minpmeesa au siège de la Chambre de commerce, des industries, des mines et de l’artisanat (Ccima) à Douala du 29 au 30 mai, a ainsi donné l’occasion à celles-ci d’approfondir leurs connaissances sur le sujet et d’élaborer des pistes de solutions afin de mieux pénétrer ce marché encore très peu exploré par les Camerounais.
Entrée en vigueur en janvier 2021, la Zlecaf envisage d’offrir progressivement des avantages fiscaux aux entrepreneurs et opérateurs économiques des pays membres de l’Union africaine (UA), dont la suppression progressive des droits de douane pour au moins 90% des lignes tarifaires sur les échanges intra-africains. Le but ici est de stimuler le commerce intra-africain, mais aussi d’aider l’Afrique à s’industrialiser et à diversifier sa production au-delà de l’énergie et des mines.
Sur le thème : « Promouvoir les activités des femmes entrepreneures dans l’industrie culturelle et créative et renforcer leur présence dans le commerce international des services et dans la Zlecaf », les créatrices de richesses réunies à la Ccima ont été édifiées sur les opportunités qu’offre le secteur des services, un secteur qui représente près des deux tiers du PIB mondial et constitue un puissant levier de création d’emplois pour les jeunes et les femmes.
Dans la perspective de la Zlecaf, les échanges ont porté sur des secteurs stratégiques tels que les transports, le tourisme, les TIC, les services financiers et les services aux entreprises. Une attention particulière a été accordée aux industries culturelles et créatives avec de nombreuses opportunités dans la mode et le design africain, le textile africain, la coiffure africaine, l’artisanat, le cinéma et l’audiovisuel, les danses traditionnelles, les festivals culturels, la gastronomie africaine et la création de contenus numériques.
La rencontre a réuni près de 300 femmes entrepreneures venues des différentes régions du Cameroun. Pour le Minpmeesa, elle a permis de mettre en lumière le rôle essentiel des femmes dans la transformation économique du Cameroun et de l’Afrique.
Selon les statistiques du ministère camerounais de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), les femmes représentent plus de 70 % de la main-d’œuvre rurale dans le pays. Elles produisent près de 90 % des cultures vivrières mais représentent seulement 3 % du secteur agricole industriel. Cette proportion de femmes engagées dans l’agriculture est pratiquement la même au Rwanda, l’agriculture étant pratiquée depuis l’enfance par plus de 70 % des femmes rwandaises. Selon la Banque mondiale (2021), la proportion de femmes engagées dans des activités agricoles, de chasse, de sylviculture et de pêche au Cameroun était estimée à 47,7 % de la population féminine, contre 70,98 % de la population féminine au Rwanda.