À l’ouverture le 9 juin 2026 de la deuxième session ordinaire de l’année législative, principalement consacrée au débat d’orientation budgétaire, l’Assemblée nationale invite le Gouvernement à fournir les efforts nécessaires pour renforcer la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus et la juste redistribution des retombées économiques au profit des populations.
La gouvernance du secteur minier est un véritable défi au Cameroun. Malgré l’existence d’un code minier supposé encadrer ce volet, ainsi que la création d’une entité dédiée à la gestion des mines solides afin d’accroître leur contribution au produit intérieur brut (PIB) national, force est de constater que le problème demeure une préoccupation. Au regard de la polémique que suscite la publication de certains chiffres relatifs à la commercialisation réelle de l’or et de l’exploitation anarchique de certains sites, couplée aux revendications des populations riveraines liées aux nombreux décès survenus sur lesdits sites, il y a péril en la demeure.
Face à la gravité de ce phénomène, la Représentation nationale est montée au créneau pour dénoncer ces dysfonctionnements. Dans son discours d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année législative en cours, le 9 juin 2026 à Yaoundé, Théodore Datouo, président de l’Assemblée nationale, appelle à des réformes structurelles profondes dans ce secteur. « Le sous-sol camerounais regorge de ressources considérables qui constituent une chance pour notre pays. Elles devraient être un puissant levier de développement économique, de création d’emplois, d’amélioration des infrastructures et de transformation structurelle de notre économie », déplore-t-il.
Des pistes de solution
Plusieurs députés rencontrés questionnent à la fois les mécanismes de collecte des revenus issus du secteur minier, leur gestion et leur redistribution. Ce, d’autant plus que les populations vivant sur les sites d’exploitation ne voient véritablement aucun changement dans l’amélioration de leurs conditions de vie. Où vont donc les revenus de l’exploitation du sous-sol camerounais ? Est-on en droit de s’interroger.
Pour faire en sorte que le problème minier ne soit pas un « sujet inflammable » à plusieurs égards, l’Assemblée nationale invite les administrations compétentes et les administrations concernées à « activer les efforts nécessaires afin de renforcer la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus et la juste redistribution des retombées économiques au profit des populations ».
Pour l’institution, qui est elle-même appelée à cesser d’être « une caisse de résonance du Gouvernement » pour jouer véritablement son rôle de législateur et de contrôleur de l’action publique, « le moment est venu d’engager une réflexion approfondie sur les réformes susceptibles de permettre au Cameroun de tirer davantage profit de ses ressources minières, tout en garantissant une meilleure prise en compte des intérêts des populations concernées ». Tel est également le souhait de la société civile, partie prenante du comité Itie (Initiative pour la transparence dans les industries extractives).
Un des principaux enjeux du débat d’orientation budgétaire 2026
En évoquant ce sujet jugé très sensible, la Représentation nationale donne le ton de ce que sera le débat d’orientation budgétaire en vue de la préparation de la loi de finances 2027. Pour le président de la Chambre, il s’agit d’un moment privilégié de dialogue entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale.
« Il permet aux députés d’exprimer les préoccupations remontées de leurs circonscriptions. Cette démarche favorise l’anticipation. Elle améliore la qualité de la décision publique, renforce la transparence et permet de mieux adapter les politiques publiques aux attentes réelles des populations », a déclaré Théodore Datouo.
Les préoccupations exprimées portent, outre la gouvernance minière et foncière, sur le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’accès à une éducation de qualité, les défis du système de santé, l’approvisionnement en eau potable, l’accès à l’énergie, le développement des infrastructures, la modernisation de l’agriculture et la protection de l’environnement, entre autres.
Au sujet de la problématique de la gouvernance minière et foncière, certains parlementaires, à l’instar d’Adamou Youmo Koupit, député de l’Union des démocrates camerounais (UDC) du Noun-Centre dans la région de l’Ouest, suggèrent la création d’une commission d’enquête parlementaire et la tenue d’une plénière spéciale au cours de la présente session.