La question est au centre du Sommet panafricain dédié à l’investissement à impact et au développement durable qui se tient du 10 au 12 juin 2026, à Lusaka en Zambie.
Les décideurs économiques, investisseurs institutionnels, bailleurs de fonds et représentants des États africains sont réunis depuis le 10 juin dernier dans la capitale zambienne, à l’occasion du Sommet panafricain dédié à l’investissement à impact et au développement durable. Dans un contexte marqué par l’urgence climatique, les contraintes budgétaires persistantes et un déficit annuel de financement estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars pour le continent, cette rencontre de trois jours se veut un tournant dans la reconfiguration des modèles de financement du développement en Afrique.
Au cœur des échanges, une idée centrale s’impose : l’Afrique ne peut plus dépendre exclusivement de l’aide publique au développement. Le sommet consacre ainsi la montée en puissance de l’investissement à impact, combinant rentabilité économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.
Cette approche s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée à l’échelle continentale et internationale, où les partenariats publics-privés, les mécanismes de garantie et la mobilisation du capital privé deviennent des leviers essentiels pour financer les infrastructures, l’énergie, l’agriculture durable ou encore la transition numérique.
Mobiliser les capitaux privés face au déficit de financement
Le continent africain fait face à un paradoxe structurel : un potentiel de croissance élevé mais une faible capacité de financement interne et un accès coûteux aux marchés internationaux. Le sommet ambitionne ainsi de répondre à ce déséquilibre en renforçant les instruments de réduction des risques, en développant les marchés de capitaux locaux et en améliorant la bancabilité des projets à fort impact.
Les discussions portent notamment sur la nécessité de standardiser les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), afin de rendre les projets africains plus attractifs pour les investisseurs institutionnels internationaux.
Au-delà de la seule logique financière, le sommet met en avant une vision intégrée du développement durable. Transition énergétique, gestion des ressources naturelles, agriculture résiliente, urbanisation durable et inclusion sociale sont au centre des priorités.
Dans un continent particulièrement exposé aux effets du changement climatique malgré une contribution limitée aux émissions mondiales, la question de la résilience devient un enjeu stratégique. Les investissements à impact sont ainsi présentés comme un instrument permettant de concilier croissance économique et adaptation climatique.
Le sommet intervient également dans un contexte de transformation de l’architecture financière internationale. Les discussions convergent vers la nécessité de rééquilibrer le système financier mondial afin de mieux prendre en compte les réalités des économies africaines, notamment en matière de coût du capital et d’évaluation du risque.
Les institutions de développement, banques multilatérales et fonds souverains sont appelés à jouer un rôle accru dans la structuration de projets d’envergure et dans la création de mécanismes de garantie capables de déclencher des flux massifs d’investissements privés. Au-delà des annonces, l’enjeu principal du Sommet panafricain reste la capacité à transformer les engagements en résultats concrets.