Intervenant lors du 1er Symposium Infe-Afrique, organisé conjointement par l’Ocde et la Financial Sector Conduct Authority d’Afrique du Sud, Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de l’autorité de régulation du marché financier de la Cemac, a présenté les cibles et les canaux de ladite stratégie, le 19 juin 2026 au Cap.
« Pour la croissance de notre marché, autant dire que nous croyons en la capacité de l’éducation financière à constituer un levier stratégique de notre vision d’une régulation forte au service d’un marché financier moderne et dynamique. » C’est ainsi que Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), a présenté la stratégie de son institution pour booster le développement et la modernisation du marché financier de l’Afrique centrale. Elle s’exprimait le 19 juin 2026 lors du 1er Symposium Infe-Afrique, auquel elle participait à la tête d’une délégation de la Cosumaf. Au cours de cet évènement organisé conjointement par l’Ocde et la Financial Sector Conduct Authority (Fsca) d’Afrique du Sud, elle a présenté une communication sur le thème : « Développement de l’éducation financière en Afrique centrale : cibles, canaux, outils : l’expérience de la Cosumaf ».
Il a été question d’exposer sa stratégie de développement de l’éducation financière dans la région de l’Afrique centrale, portée par la vision stratégique de l’autorité de régulation du marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui regroupe six États membres : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et le Tchad.
Les axes de la stratégie de la Cosumaf en matière d’éducation financière
Dans le cadre de cette vision, l’un des quatre axes stratégiques est le développement de l’éducation financière, articulé autour d’une segmentation des cibles et d’un choix de canaux de diffusion des outils de communication et des actions de communication événementielle. Les cibles sont à la fois internes à l’écosystème du marché financier et externes, en direction des catégories socioprofessionnelles, des corps sociaux organisés tels que les associations, les mutuelles, les syndicats, les universités et les grandes écoles, ainsi que du grand public.
Ces actions se feront via des canaux médiatiques, numériques ou de masse. « Nous formons et sensibilisons notre écosystème d’acteurs sur la réglementation, sur les questions professionnelles à enjeux ; nous discutons en outre des problématiques opérationnelles à travers des réunions, des ateliers et des cadres de concertation permanente », a déclaré la présidente de la Cosumaf.
Pour ce qui est des canaux, le régulateur souligne qu’ils épousent les environnements des cibles (« touchpoints »). « Nous mettons en œuvre une palette d’outils et d’activités. Les outils sont des supports de communication périodique, comme “L’Essentiel” du marché financier de l’Afrique centrale, un bulletin statistique, des supports de communication événementielle ainsi que des publications sur nos réseaux sociaux », détaille Jacqueline Adiaba-Nkembe.
Multiplication des initiatives en la matière
La Cosumaf, au travers de sa présence ou de son adhésion à des instances de régulation sectorielles, nationales, régionales et internationales, a développé un important marketing événementiel. Elle organise notamment la Semaine internationale de l’investisseur en zone Cemac, la Global Money Week en Afrique centrale (avec l’Ocde), les Olympiades du marché financier, qui mettent en compétition les lycées et collèges des pays de la sous-région, ainsi que la Journée de l’émetteur, destinée à promouvoir le financement des entreprises via les produits et mécanismes du marché financier.
Depuis deux ans, le régulateur du marché financier régional organise également une série de six webinaires bimestriels gratuits consacrés aux thématiques liées à la connaissance du marché financier et aux opportunités qu’il offre. Par ailleurs, la Cosumaf est présente au salon Promote depuis deux éditions et produit des capsules ainsi que des documentaires thématiques sur le marché financier. Elle est aussi partenaire de l’Africa Capital Markets Forum, qui réunit le fleuron des acteurs des marchés de capitaux francophones africains, ainsi que de plusieurs autres événements nationaux et régionaux.
Les signaux d’un marché financier régional en pleine croissance
Le marché financier de l’Afrique centrale est un jeune marché en phase de croissance résolue, avec une capitalisation boursière de plus de 1 700 milliards de Fcfa au début du mois de juin 2026, dont un encours obligataire de près de 1 400 milliards de Fcfa et un compartiment actions de 300 milliards de Fcfa. Le marché est encadré par quatre organismes centraux sous la supervision de la Cosumaf et animé par une industrie composée d’une centaine d’intermédiaires et d’intervenants.