Ces fonctionnaires qui continuent néanmoins de percevoir leur rémunération selon les résultats du dernier recensement lancé en 2024, représentent un manque à gagner estimé à plus de 8,1 milliards de Fcfa pour les finances publiques.
Le vaste chantier d’assainissement de la fonction publique gabonaise continue de révéler l’ampleur des dysfonctionnements administratifs. Les résultats du recensement engagé par les autorités ont en effet permis d’identifier 1 756 agents publics soupçonnés d’être en situation d’abandon de poste, tout en continuant à percevoir leur rémunération. Une situation qui représente un manque à gagner estimé à plus de 8,1 milliards de Fcfa pour les finances publiques, confortant ainsi la volonté du gouvernement de rationaliser la gestion des effectifs de l’État.
Selon les conclusions de l’audit présenté par les autorités, ces agents sont régulièrement rémunérés alors qu’ils ne sont plus présents à leur poste de travail. Au-delà de son coût budgétaire, cette anomalie met en évidence les failles persistantes dans le suivi des carrières et le contrôle des ressources humaines au sein de l’administration gabonaise. Le gouvernement entend désormais examiner chaque dossier au cas par cas, afin de distinguer les abandons effectifs des absences pouvant être justifiées par des situations administratives ou personnelles.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’appareil étatique. Les autorités souhaitent notamment fiabiliser le fichier des agents publics grâce à l’intégration du Numéro d’identification personnelle (NIP), et à la mise en place d’outils de contrôle destinés à éliminer les doublons, les matricules multiples et les irrégularités dans la gestion de la paie. L’objectif étant de renforcer la transparence et de réduire les dépenses improductives qui pèsent sur le budget de l’État.
L’assainissement du fichier de la fonction publique revêt également une dimension sociale. Car en libérant les postes occupés indûment et les crédits budgétaires qui y sont associés, le gouvernement espère créer de nouvelles marges de manœuvre pour le recrutement de jeunes diplômés et améliorer l’efficacité des services publics. Cette démarche répond à une volonté affichée de restaurer la discipline administrative tout en orientant davantage les ressources publiques vers les secteurs prioritaires du développement.
Rappelons que le recensement engagé fait suite aux premières opérations de contrôle menées en 2024, qui avaient déjà mis en lumière de nombreuses irrégularités dans les effectifs de l’administration.