Selon les chiffres communiqués par son DG lors de la conférence de haut niveau du 7 juillet 2026 à Yaoundé, l’institution a mobilisé 151 milliards de Fcfa de ressources, traité 2 750 opérations et constitué un encours de 56 milliards de Fcfa investi dans les obligations du Trésor émises par l’État.
Devenir l’investisseur institutionnel de référence. Telle est l’ambition que nourrit la Caisse de dépôts et consignations du Cameroun (Cdec), selon son directeur général, Dr Richard Evina Obam. S’exprimant lors de la conférence de haut niveau consacrée au rôle des Caisses de dépôts et consignations dans la mobilisation de l’épargne nationale au service du financement de l’économie, présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le 7 juillet 2026 à Yaoundé, en marge de la restitution du projet Diaspora et Développement (Diasdev), il a dressé le bilan des activités de l’institution.
Il ressort de son exposé que la Cdec a mobilisé 151 milliards de Fcfa de ressources, traité 2 750 opérations et constitué un encours de 56 milliards de Fcfa investi dans les obligations du Trésor émises par l’État. En outre, elle a lancé, en partenariat avec les établissements de crédit du Cameroun, un projet pilote doté de 5 milliards de Fcfa destiné au financement des projets de développement portés par les femmes et les jeunes.
À la conquête de l’épargne de la diaspora camerounaise
Forte de ces résultats obtenus dans un environnement marqué par la réticence de certains détenteurs de ressources à lui transférer les fonds qui lui sont légalement dévolus, la Cdec entend désormais identifier de nouvelles sources de financement à long terme pour soutenir le développement du pays. L’une des principales pistes consiste à mobiliser l’épargne de la diaspora et des résidents camerounais afin d’en faire un puissant levier de financement du développement national.
En 2024, les transferts de fonds de la diaspora vers le Cameroun ont atteint près de 1,2 milliard de dollars, soit environ 652 milliards de Fcfa. L’enjeu est désormais d’orienter une partie de cette épargne vers des investissements productifs créateurs de croissance et d’emplois. C’est dans cette perspective qu’a été lancé le projet Diaspora et Développement (Diasdev), soutenu par l’Agence française de développement (AFD), qui étudie la création d’un produit d’épargne réglementée destiné aux Camerounais de la diaspora ainsi qu’aux résidents nationaux.
Les enjeux
Pour le directeur général de la Cdec, le message adressé à la diaspora est clair. « Il s’agit d’encourager le retour au pays à travers un dispositif sécurisé, inspirant confiance, qui permettra d’épargner, mais surtout de contribuer au développement du pays grâce à cette épargne. L’une des principales faiblesses de nos économies réside aujourd’hui dans l’insuffisance de l’épargne et des mécanismes de couverture des besoins de financement de nos priorités nationales », a déclaré Dr Richard Evina Obam au cours d’un échange avec la presse.
Selon lui, la première garantie de sécurité repose sur la confiance accordée à l’État, à ses institutions et aux règles qui encadreront ce futur dispositif.
Pour sa part, Virginie Dago, directrice générale de l’AFD Cameroun, souligne que « le projet Diasdev part de la conviction que la diaspora a un rôle majeur à jouer dans le développement du Cameroun ». En travaillant avec les Caisses de dépôts et consignations, l’AFD prépare les conditions de mise en place d’un produit d’épargne sécurisé. « L’objectif est de mettre en place une gouvernance solide afin que la diaspora soit convaincue que son argent sera bien placé, bien investi et efficacement géré au profit du développement du Cameroun », a-t-elle expliqué.
La première phase du projet Diasdev a consisté à mettre en place le cadre juridique appelé à encadrer ce mécanisme d’épargne réglementée. La deuxième portera sur l’analyse des modalités opérationnelles de sa mise en œuvre. Le dispositif sécurisé qui sera instauré fera intervenir plusieurs acteurs crédibles, dotés de mécanismes de gouvernance de nature à renforcer la confiance des épargnants.