Financement de l’économie : The Okwelians place l’épargne de la diaspora comme levier durable

Selon le think do tank, elle pourrait au-delà du soutien aux ménages, financer également les infrastructures, l’entrepreneuriat, l’industrie et l’innovation.

Le think do tank « The Okwelians » dirigé par Me Jacques Jonathan Nyemb, son président, a pris part le 7 juillet 2026 à Yaoundé, au lancement du projet Diaspora et développement (Diasdev), porté par la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (Cdec). Cette initiative remet au cœur du débat une préoccupation structurelle :  comment transformer l’épargne des Camerounais, au pays comme à l’étranger, en un levier durable de financement de l’économie nationale ? Pour la Cdec et l’Agence française de développement (AFD), l’épargne de la diaspora et des résidents camerounais constitue un puissant levier de financement du développement national. En 2024, les transferts de fonds de la diaspora vers le Cameroun ont atteint près de 1,2 milliard de dollars US, soit environ 652 milliards de Fcfa. L’enjeu est de mieux orienter une partie de cette épargne vers des investissements productifs créateurs de croissance et d’emplois.

Selon The Okwelians, au-delà du soutien indispensable aux ménages, cette épargne combinée à celle mobilisée sur le territoire national pourrait contribuer au financement des infrastructures, de l’entrepreneuriat, de l’industrie et de l’innovation. À terme, une telle dynamique permettrait également de diversifier les sources de financement de l’économie et de réduire la dépendance aux emprunts extérieurs, souvent assortis de conditions financières plus contraignantes. Toutefois, la mobilisation de cette épargne ne dépendra pas uniquement de la création de nouveaux produits financiers. Elle reposera avant tout sur la capacité des institutions à garantir une gouvernance exemplaire, une transparence irréprochable et une allocation des ressources vers des projets à fort impact économique et social.

Pour The Okwelians, l’enjeu dépasse la seule question du financement. Il s’agit de construire un nouveau pacte de confiance entre le Cameroun et sa diaspora, mais aussi entre les institutions et l’ensemble des citoyens, afin que l’épargne nationale devienne un véritable moteur de la transformation durable du pays. Le défi ne sera pas de savoir si les Camerounais souhaitent investir dans la transformation de leur pays, mais plus tôt de savoir si les conditions de confiance, de crédibilité et de performance seront réunies pour transformer cette volonté en investissements durables.

En rappel, le projet Diaspora et développement (Diasdev) soutenu par l’Agence française de développement (AFD), étudie la création d’un produit d’épargne réglementé destiné aux Camerounais de la diaspora et aux résidents nationaux, afin de mobiliser une épargne longue et sécurisée au service du financement de l’économie camerounaise.

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