ACE-Network : Un réseau africain des économistes en chef voit le jour

Cette nouvelle plateforme est chargée d’harmoniser le conseil économique, d’encourager des politiques innovantes et de renforcer la voix du continent sur la scène internationale.

À l’issue de la Conférence économique africaine 2026, organisée du 10 au 12 juillet à Abidjan, en Côte d’Ivoire, par la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (Ocde) autour du thème de l’influence géopolitique de l’Afrique et de sa résilience commerciale, l’African Chief Economists Network (ACE-Network) a été lancé.

L’ACE-Network est une plateforme chargée d’harmoniser le conseil économique, d’encourager des politiques innovantes et de renforcer la voix collective du continent. Il prévoit une réunion annuelle, des rencontres virtuelles trimestrielles ainsi que des sessions de réaction rapide en cas de choc majeur. Ce réseau réunira des économistes en chef d’institutions de développement, des responsables de banques centrales et des Trésors nationaux, des conseillers de chefs d’État, des représentants des communautés économiques régionales, des universitaires, des groupes de réflexion (think tanks) et des économistes du secteur privé.

Plus de 4 000 participants ont suivi virtuellement les trois jours de travaux, consacrés notamment à la dette, au financement du développement, aux marchés de capitaux, à la mobilisation des ressources nationales, à la politique industrielle, à l’intelligence artificielle, au climat et à l’intégration régionale.

Le réseau offre un cadre pour prolonger ces discussions. Mais sa crédibilité dépendra moins du prestige de ses membres que de la qualité de ses productions et de leur utilisation effective : secrétariat permanent, ressources propres, recommandations, alertes économiques, études conjointes, prise en compte par les gouvernements et évaluation de leur impact.

L’intérêt du réseau pour la Beac et les pays de la Cemac

La plateforme offrirait à la Beac un accès à un réseau continental d’expertise sur les politiques monétaires, la stabilité financière, les systèmes de paiement, la gestion des réserves, les marchés de capitaux et les chocs extérieurs. Elle permettrait de confronter les travaux statistiques et les analyses de conjoncture produits par la Beac à ceux d’autres institutions, tout en mettant davantage en lumière les contraintes propres à la sous-région : dépendance aux matières premières, faiblesse du commerce intracommunautaire, marchés financiers peu profonds, inflation importée et difficultés de financement des infrastructures.

Pour les pays de la Cemac, l’intérêt du réseau dépendra de la capacité de chaque État à transformer la recherche en outils opérationnels. Les administrations pourraient accéder plus rapidement à des analyses comparatives sur des sujets tels que la dette, la qualité de la dépense publique, le financement des infrastructures, la politique industrielle et la mobilisation de l’épargne nationale. Le réseau pourrait également aider les États de la sous-région à porter leurs priorités dans les débats sur la Zone de libre-échange continentale africaine, le financement climatique, entre autres. Il pourrait enfin comparer les mécanismes utilisés ailleurs pour élargir l’assiette fiscale, mobiliser les fonds de pension, financer les infrastructures ou attirer des capitaux privés sans transférer l’essentiel des risques au budget de l’État.

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