Elles sont contenues dans un ouvrage du Dr Serge Lionel Nkoum Me Nkoum, Commissaire Cobac, publié aux Editions Monange avec les appuis techniques du Gouverneur de la Beac et du ministre gabonais de l’Economie numérique.
Bien qu’en relative amélioration grâce à la transformation digitale, l’écosystème financier de la Cemac reste faiblement développé. Les institutions financières notamment les banques et les établissements de microfinance (EMF), peinent toujours à relever le défi de la bancarisation de la population et d’améliorer de manière significative, le niveau de l’inclusion financière au niveau de la Cemac. Selon les données de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), en 2022, moins de 15% de la population de la Cemac déclaraient épargner auprès d’une institution financière classique, contre 23% dans les pays à revenu intermédiaire. Dans le même sillage, le taux de crédits formels moyen est estimé à moins de 10%, témoignant d’un faible engouement des consommateurs.
Les modèles de collaboration suggérés
Pour changer la donne, Dr Serge Lionel Nkoum Me Nkoum, expert certifié en monnaie digitale et en supervision de l’inclusion financière numérique, propose « Le management de la collaboration entre institutions financières-fintechs-opérateurs de téléphonie mobile dans l’écosystème financier en zone Cemac ». Il s’agit d’un ouvrage qui consiste à « démontrer comment les fintechs et les opérateurs de téléphonie mobile, pourraient être des facteurs de développement et de complémentarité de compétences d’offres de produits et services financiers numériques pour les institutions financières », selon son auteur.
D’autre part, la publication identifie les modèles de collaboration propices dans la complémentarité de compétences entre les acteurs classiques et les nouveaux acteurs du secteur financier. Le premier d’entre-eux, c’est la « coopétition » dans le sens oû les différents concurrents des services financiers numériques (SFN), sont contraints par la transformation du marché, à se mettre en partenariat. A cela s’ajoutent notamment « l’Open Innovation » et la mise sur pied des « écosystèmes d’affaires », entre autres. « Cela pourrait optimiser les services financiers afin d’aboutir à un écosystème financier plus inclusif en Afrique centrale », poursuit-il.
La pertinence de l’ouvrage saluée par la Beac et le Gouvernement gabonais
Dans sa préface, Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) relève que « les évolutions récentes de l’inclusion financière que l’on constate aujourd’hui au sein de la Cemac et notamment la bancarisation en cours des populations les plus vulnérables, constituent des défis importants d’amélioration de la santé financière de ces dernières ». Selon lui, « la transformation digitale a fortement bouleversé l’offre des services financiers dans le monde. Longtemps exclues des circuits bancaires classiques, de larges franges de la population de la sous-région accèdent désormais à des solutions d’offres de produits et services financiers adaptés à leurs besoins, grâce à la présence des fintechs et des opérateurs de téléphonie mobile », détaille-t-il. Pour le patron de la banque centrale, les institutions financières notamment les banques commerciales et les EMF, confrontés à des coûts élevés et des consommateurs jugés risqués, n’ont pas réussi à couvrir efficacement les zones rurales et populaires.
Dans la postface de l’ouvrage, Mark-Alexandre Doumba, ministre gabonais de l’Economie numérique et de l’innovation, pense que « la construction d’un écosystème financier véritablement inclusif suppose l’identification de modèles de coopération et de collaboration adaptés aux réalités de notre sous-région ». Saluant la pertinence de l’ouvrage dont il félicite l’auteur, il se réjouit du fait qu’il mette en évidence des mécanismes capables de renforcer durablement l’inclusion financière en zone Cemac, en cohérence avec les objectifs de développement économique et social portés par les Etats.
En effet, l’avènement des nouveaux acteurs du secteur financier tels que les fintechs et les opérateurs du mobile money, ont engendré depuis la fin des années 2000, des effets de rattrapage jugés « remarquables ». Grâce à leur présence et à la diffusion rapide du mobile banking, le taux de bancarisation a relativement augmenté en Cemac. D’après des statistiques disponibles, les prestataires des services de paiement de la sous-région ont entretenu plus de 45 millions de comptes, avec près de 4 milliards de transactions pour une valeur estimée à près de 172 000 milliards de Fcfa seulement en 2023, en évolution d’environ 46% et 24% en nombre et en valeur par rapport à 2022 selon la Beac.
Biographie
Certifié en monnaie digitale et en supervision de l’inclusion financière numérique par Digital Frontiers Institute, le Dr Serge Lionel Nkoum Me Nkoum est également auteur de plusieurs ouvrages dans le secteur financier et bancaire. Il s’intéresse aux problématiques liées à la gouvernance et aux politiques financières. Commissaire à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), il officie aussi en qualité d’Administrateur civil principal au ministère camerounais des Finances (Minfi).