Réunis à Mbankomo près de Yaoundé dans le cadre du Prcat mis en œuvre par la GIZ, les acteurs publics et privés se sont attelésà mieux coordonner les investissements et rapprocher les zones de production agricole des marchés.
Le désenclavement des bassins de production agricole revient au cœur des priorités de développement de la région du Centre. Réunis du 21 au 23 juillet 2026 à Mbankomo, les représentants des administrations sectorielles, des collectivités territoriales, des organisations professionnelles, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers ont engagé le processus de réactivation du Cadre régional de concertation consacré à cette problématique. L’initiative, accompagnée par le Projet de renforcement des capacités en matière d’aménagement du territoire (Prcat), mis en œuvre par la GIZ, visait à donner un nouvel élan à une structure dont le fonctionnement s’était progressivement essoufflé.
Pendant trois jours, les participants ont ainsi examiné les textes encadrant le fonctionnement du cadre de concertation, travaillé à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et renforcé leurs capacités sur l’aménagement du territoire, le désenclavement des zones de production et la gouvernance territoriale.
Pour la région du Centre, l’enjeu est de taille. En effet, malgré l’existence d’importants bassins de production de cacao, de plantain et de manioc, notamment, leur intégration aux circuits économiques demeure limitée par les difficultés d’accessibilité, de logistique et de structuration des filières. Cette situation affecte l’approvisionnement des marchés urbains, augmente les coûts de transport et réduit la capacité des producteurs à tirer pleinement profit de leur activité. Comme l’a d’ailleurs souligné Sanama Nkono, 1er vice-président du Conseil régional du Centre « Le désenclavement ne saurait être réduit à une problématique d’infrastructures routières». Bien au contraire, « il constitue un instrument de valorisation économique des territoires, de réduction des inégalités spatiales, de création de richesses, de sécurité alimentaire, d’intégration des marchés et d’amélioration des conditions de vie des populations ».
Cette vision résume l’ambition portée par la réactivation du cadre de concertation. Car il ne s’agit plus seulement de programmer l’ouverture ou la réhabilitation des routes rurales, mais de mieux articuler les infrastructures avec les politiques agricoles, les stratégies de développement régional, les plans communaux, les enjeux fonciers et la préservation des ressources naturelles.
Vers une plateforme de gouvernance territoriale
Cette nouvelle approche doit permettre au cadre régional d’évoluer vers une véritable plateforme de gouvernance territoriale. « L’ambition est désormais de faire évoluer un mécanisme consacré au désenclavement des zones de production agricole vers une plateforme régionale de gouvernance territoriale intégrant pleinement les enjeux de l’aménagement du territoire », a expliqué la cheffe de projet Prcat-GIZ.
L’objectif ici est de mieux coordonner les interventions, d’éviter les doublons et les investissements dispersés et de définir des priorités communes. Le dispositif devra notamment faciliter l’identification des pistes rurales prioritaires, améliorer l’acheminement des produits vers les centres de consommation, réduire les coûts logistiques et les pertes post-récolte et, in fine, améliorer les revenus des producteurs. Les infrastructures d’accès doivent donc être pensées en cohérence avec les schémas d’aménagement, les politiques agricoles et les investissements publics et privés.
L’autre enjeu est de renforcer l’efficacité de l’investissement public et privé. En réunissant autour d’une même table administrations, collectivités, organisations professionnelles, investisseurs et partenaires techniques et financiers, le cadre doit favoriser la sélection de projets structurants et leur meilleure articulation. Le dialogue doit également permettre d’attirer les partenaires autour d’une vision commune et de mesurer collectivement les résultats obtenus.
Rappelons que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi du 6 mai 2011 portant orientation de l’Aménagement et du Développement durable du territoire et des ambitions de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui fait de la planification territoriale un levier de transformation structurelle, de réduction des disparités spatiales et de croissance inclusive et durable.