Réuni pour la deuxième fois de l’année, le Conseil interministériel a examiné la semaine dernière 16 dossiers et approuvé 13 propositions portant notamment sur la fiscalité, l’emploi, les prix des produits raffinés, la sécurité maritime et la coopération internationale.
Réuni pour son deuxième Conseil interministériel, le gouvernement équato-guinéen a examiné le 10 août dernier à Malabo, un agenda de 16 points couvrant plusieurs secteurs stratégiques. Au terme des travaux, 13 propositions ont été approuvées, tandis qu’une commission a été mise en place pour approfondir les aspects techniques du projet de loi relatif à la répression de la piraterie et des autres actes illicites commis en mer.
Parmi les principaux dossiers examinés figure la réforme du Numéro d’identification fiscale (NIF). Le projet de décret présenté au Conseil prévoit une nouvelle codification de cet identifiant, applicable aussi bien aux personnes physiques et morales qu’aux entités dépourvues de personnalité juridique. Cette réforme intervient dans un contexte de renforcement des obligations fiscales dans le pays. La loi générale fiscale adoptée en 2024 prévoit notamment l’inscription des contribuables au registre fiscal et l’obtention d’un NIF avant l’exercice d’une activité économique.
L’emploi au cœur des priorités
L’autre chantier retenu par le gouvernement est la politique de l’emploi. Dans ce cadre, le Conseil a examiné le Programme national d’emploi et de formation (Pnef), ainsi que la proposition portant création de l’Institut national de promotion de l’emploi en Guinée équatoriale (Infege). À travers ces deux instruments, les autorités entendent renforcer les dispositifs publics consacrés à la formation professionnelle et à l’insertion sur le marché du travail.
Cette orientation intervient alors que la diversification de l’économie constitue un enjeu majeur pour le pays, fortement dépendant des hydrocarbures. Les autorités ont d’ailleurs inscrit la relance de secteurs productifs comme l’agriculture, le cacao et le café parmi les priorités de leurs plans d’action pour le second semestre 2026.
La sécurité maritime renforcée
La sécurité des espaces maritimes figure également en bonne place dans les travaux. Le ministère des Transports a présenté à cet effet un projet de loi portant répression de la piraterie et des autres actes illicites commis en mer. Le texte devrait permettre de renforcer l’arsenal juridique national face aux risques qui affectent le Golfe de Guinée.
L’enjeu est particulièrement important pour la Guinée équatoriale, dont une partie importante de l’activité économique est liée aux ressources offshore. Le Fonds monétaire international considère d’ailleurs la piraterie comme un risque susceptible d’affecter les activités offshore du pays.
Sur le volet économique, le Conseil s’est également penché sur l’actualisation de la structure des prix des produits raffinés et sur la création d’un Collège national des experts-comptables. Ces mesures traduisent la volonté d’encadrer davantage les activités économiques et de renforcer les professions liées à la gestion financière.
Ouverture sur la coopération internationale
Dans la même veine, la coopération extérieure a été abordée au cours de la rencontre. Cocernant ce volet, les membres du gouvernement ont examiné plusieurs projets visant à réorganiser le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora, ainsi qu’à renforcer les relations avec le Zimbabwe. Les discussions portent notamment sur la promotion et la protection réciproque des investissements, l’exemption de visas pour certains détenteurs de passeports officiels et la coopération économique et commerciale.
Le Conseil a également abordé plusieurs instruments internationaux consacrés à la conservation de la biodiversité marine et à la sécurité de la biotechnologie, notamment le Protocole de Cartagena.
Enfin, le gouvernement prévoit la création d’adresses électroniques professionnelles pour les membres du gouvernement, les hauts fonctionnaires et les agents de l’administration publique. L’objectif est de réduire progressivement le recours aux messageries non institutionnelles dans le cadre professionnel.